
L’endroit a beau faire partie de mes plaisirs quasi hebdomadaires, l’habitude n’a pas réussi à galvauder la sensation d’y goûter chaque fois un moment rare… Aussi, quand l’année nouvelle m’offre le plaisir de revoir une amie fort chère, connue depuis 25 ans et devenue Marseillaise d’adoption, ma proposition sonne comme une évidence :
- « Galerie Vivienne, Caves Legrand ? » et un « OUI ! » sans réserve fuse illico dans l’appareil.
Merci, Mémoire fidèle, pour ces merveilleux instants de connivence!

Galerie Vivienne, début janvier, tout en apparat rouge et or… Quel plus beau théâtre pour des retrouvailles ?

Et voici le préambule à nos causeries ! A la vitrine d’une très belle enseigne – elles le sont toutes ici, le velours d’un boudoir s’expose en clair-obscur…

Oyez, oyez, chères amies internautes : le passage Vivienne, temple du commerce, de la mode et des affaires depuis 1826, demeure entre tous un écrin au luxe et à la féminité…

Lever de rideau sur le majesteux fief des Caves Legrand ! La galerie trouve ici sa meilleure machine à remonter le temps, le bon goût serait donc l’ultime rempart aux tumultes de l’Histoire ? L’aïeule montre encore ses lettres de noblesse en extérieur, au numéro 1 de la rue de la Banque : une épicerie fine, ancienne échoppe de la Corporations des Epiciers, est établie là depuis le XVIIIème siècle, soit avant même la construction du passage. Le moment d’un aveu pour l’éternel jeune homme que je suis : c’est là, à l’âge des gourmandises adolescentes, que j’allais faire moisson de bonbons, délicieux et au meilleur rapport qualité-prix. La qualité d’une sélection « maison » qui ne s’est jamais démentie, de la boîte de sardines au bloc de foie gras…

Mais le moment des retrouvailles ne se contentera pas d’une poignée de bonbons, même s’ils sont impérissaaaables !! L’heure est venue de prendre place côté passage, ouvert sur le décor pompéien de la galerie, là où les générations successives de la famille Legrand ont su donner au fabuleux jus de la treille son éthique et sa philosophie.

Insensibles aux tendances sans lendemain, les maîtres de céans arpentent les terroirs, connaissent leurs partenaires vignerons et dénichent des pépites qui ne seront pourtant pas vendues à prix d’or… J’en veux pour preuve l’excellente bouteille de Ménetou-Salon blanc (domaine Emmanuel Pelé, 13,50€) dégustée ce soir-là et conseillée par Jean-Jacques, pilier et oracle de la boutique depuis 30 ans. Un petit bijou d’or clair, pour escorter l’assiette de fromages fermiers (Trio Lactée) et la Plancha de charcuteries fines qui font une délicieuse mise-en-bouche à la soirée.
Aux Caves Legrand, les temps changent mais la devise demeure, le meilleur au meilleur prix, y compris pour les très grands crus dont s’enorgueillit la vitrine.
Une adresse que n’aurait pas démentie l’ex-bagnard Vidocq, installé jadis au 13 de la galerie, et dont les services d’investigation faisaient l’homme le mieux renseigné de Paris…
Les Caves Legrand Filles et Fils
1, Rue de la Banque
75001 Paris
Téléphone : 01 42 60 07 12
www.caves-legrand.com