Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Une crème de Pâtisserie viennoise

Crème fouettée double dose sur chocolat intense ! « Schlagobers » comme disent les natifs de la capitale autrichienne, tombés tout petits dans le chaudron de la gourmandise ! Et s’il n’en restait qu’une… ce serait cette image qui raconterait sans doute le mieux ce qui se trame derrière la petite façade, modeste et un brin rétro, de cette boutiquette nichée depuis 1928 rue de L’Ecole de Médecine. Un régal de générosité.

Hors des sentiers balisés mais fréquentée depuis fort longtemps par les étudiants du quartier, la Pâtisserie viennoise ne fait pas de chiqué. N’y cherchez pas la délicatesse surannée d’une valse lente, pardon Franz Lehar, ici c’est une roborative simplicité qui mène le bal. L’absence de prétention ne nuit ni au choix ni à la qualité, visez plutôt les pièces de maîtres qui font honneur à la vitrine et à la tradition…

Vous trouverez ici tout ce que l’Autriche et l’Europe orientale nous ont légué de délices un tantinet caloriques : strudels, vatrouchka, déclinaison de tartes et gâteaux enrichis de noix, pommes, pavot, raisins, cannelle… sans oublier l’authentique Sachertorte, du nom de l’apprenti de 16 ans qui confectionna la recette en 1832 pour le prince de Metternich. On dit que les grands cafés viennois se chicanent encore aujourd’hui le secret de sa recette originale, pour une fois qu’une querelle reste de bon goût !

A chacun son caprice, j’en vois certains opter pour un grand lait chaud et une belle tranche de pain d’épices, moi ce sera tout choco avec une balade en Forêt noire… Paysage de génoise richement cacaotée, fourrée de crème chantilly, de griottes et arrosée de kirsch… Comment j’abuse ?! Mais il fait un froid à ne pas mettre un grizzly dehors ! La Forêt noire c’est, comment dire… une sorte de doudoune intérieure !

Et puis, ici, les prix sont inversement proportionnels aux portions servies (que vous pouvez aussi emporter).

Maxi-plaisir, mini-budget (6,60€ pour tout ce qui agrémente ma table, sourire compris), une formule qui réchauffe comme le lieu qui ne compte qu’une dizaine de tables, et où l’on se presse aussi le midi, pour une restauration simple et de bon aloi, aux tarifs toujours imbattables.

Et nous sommes en plein 6ème, quartier de l’Odéon… Wunderbar!

Pâtisserie Viennoise
8, Rue de l’Ecole de Médecine
75006 Paris
01 43 26 60 48
Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire

Voyagera bien qui voyagera au Timgad

Il existe plusieurs trucs pour défier le baromètre dont l’aiguille reste pétrifiée par le gel : s’enfoncer jusqu’aux yeux sous votre couvre-chef préféré et rêver du jour où il vous protégera du soleil, revoir pour la ixième fois votre dvd de « Lauwrence d’Arabie » – et transpirer d’empathie avec Peter O’Toole, ou alors, pour un voyage des sens au grand complet, pousser la belle porte en bois sculpté du Timgad…

Il était une fois un décor de petit palais oriental avec stuc ouvragé, arcades en ogive, fontaine et lustres de cuivre… Ne cherchez pas Schéhérazade, ici elle ne distrait pas Sultan et courtisans alanguie sur un sofa, il est fort probable qu’elle distille son âme orientale du côté des cuisines. Il faut bien qu’une princesse de conte y ait glissé son charme pour que la graine du couscous soit aussi fine !

Ne comptez pas sur moi pour départager les fâcheux qui prétendent détenir la « vraie » recette du couscous, sous entendu la meilleure ! Chacun sait que la cuisine est d’abord affaire de coeur… Mais comme ma maman n’est pas marocaine, je n’ai aucun scrupule à m’émerveiller ici devant la graine moelleuse et roulée à la main dont on emplit généreusement mon assiette…

Dans un style irréprochable, à l’aune du cristal et de l’argenterie qui miroitent sur la table, voici que les légumes fondants dans leur bouillon d’épices sont servis en dôme fumant… encore meilleur quand ça brûle un peu, et qu’il faut préférer la délicieuse attente à la précipitation !

Une chair rosée et fondante sous une peau craquante et rôtie à souhait, l’épaule d’agneau, si je puis dire, me tend les bras. Saviez-vous que les gourmands de notre Hexagone classent le couscous dans la top liste de leurs plats favoris ? Je ne suis pas adepte des classements, mais j’ai juste le temps de valider avant d’enfourner la première bouchée, ô joie du mélange des saveurs…

Non, non ! crie l’évidence, après un couscous de cet acabit, vous n’avez plus faim… Le corps est empli de cette douce félicité derrière laquelle pointe bien vite l’appel de la sieste. Le corps oui, mais que faites-vous du rêve ? La tentation se déploie sur trois corolles superposées, sublime fleur d’Orient. Bien sûr que je prendrai un dessert !

Un chouia dit-on ici, en guise de litote gourmande.

Cigares miellés, loukoums soyeux, cornes de gazelle attendries de fleur d’oranger, oui, vous avez le droit de fermer les yeux… Je touche le nirvâna avec une briouate dont l’enveloppe croustillante libère sous la dent son coeur d’amande, et enchaîne dans ce parcours spirituel avec une petite gorgée de thé à la menthe, brûlant et sucré sous sa voilette mousseuse, symbole à lui seul du Sud et de sa chaleureuse hospitalité.

La tradition veut que l’on en déguste 3 verres, le breuvage gagnant chaque fois un peu plus d’amertume – comme la vie, l’amour et la mort sussure l’adage, j’y ajoute des vertus toniques et digestives bienvenues en clôture de festin !

Voilà, vous êtes à deux pas de la place Saint-Ferdinand et pourtant vous avez quitté Paris, et votre âme vogue sur des dunes de plaisir… Evidemment, le voyage a un prix dans cette luxueuse méharée où vous croiserez peut-être quelques représentants du Tout-Paris, mais la qualité du service s’ajoute au dépaysement. Et si vous n’êtes pas venu jusque là en tapis volant, vous apprécierez sans doute le voiturier qui se charge diligemment d’avancer votre carrosse…

Timgad
21, Rue de Brunel
75017 Paris
01 45 74 23 70
Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire

Plateaux Gourmands

Dis, tu crois que dans le film ils mangent « en vrai » ??

Mais oui, Nom d’un traiteur !

Je ne suis pas en train de vous dire que nos héros du 7ème art ingurgitent autant d’alcool et de nourriture que les images voudraient nous le faire avaler, il y aurait eu danger pour les acteurs fétiches de feu Chabrol ou Marco Ferreri !

A l’exception notoire de l’auteur du doc Super Size Me qui s’est pris comme cobaye pour mieux dénoncer les ravages de la malbouffe à l’américaine, façon Mac Machin.

En revanche, souci de réalisme oblige, sans compter le soin porté au bien-être exigeant des comédiens, la production prévoit toujours un vrai budget pour les provisions de bouche. In et off, pour la coulisse (avant-premières, fêtes de fins de film, ciné-chiffres) et bien sûr pour les séquences dont le scénario passe à table !

Cinéphile, voire cinéphage, il n’y a sans doute pas de hasard si je flirte depuis plus de 10 ans avec les plateaux de cinéma… Flirt gourmand bien sûr, qui commence en 2001 avec « Le Pacte des Loups » et « Absolutely fabulous » où Vincent Elbaz passe le tablier rose et blanc d’un garçon Madame est servie !

Voilà pourquoi j’ai toujours un petit cocktail d’avance sur votre actualité Grand écran…

Il faut bien avouer qu’il y a des tournages plus glamour que d’autres. Salivons un peu.

Sur le plateau de « La Maison » – sortie prévue au printemps 2012, dernier film de François Ozon avec Fabrice Luchini, mes petits canapés participent avec délice à relancer l’activité de la belle Kristin Scott-Thomas, qui tient le rôle d’une galeriste. Si c’est pour l’amour de l’art !

Et c’est au Flore, de nuit, que j’ai approvisionné le buffet d’un mariage de cinéma, pour l’adaptation par Frédéric Beigbeider de son roman L’amour dure trois ans, avec Gaspard Proust et l’affriolante Louise Bourgoin.

C’était il y a plus de 6 mois, et c’est en ce moment, tout chaud, sur vos écrans. Daube, navet ou régal ? Comédie délicieuse ou insipide ?

A vous de goûter, il n’y a jamais qu’un clap entre le vocabulaire des critiques et des cuisines.

Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire

Pleins feux sur les Caves Legrand Filles et fils !

L’endroit a beau faire partie de mes plaisirs quasi hebdomadaires, l’habitude n’a pas réussi à galvauder la sensation d’y goûter chaque fois un moment rare… Aussi, quand l’année nouvelle m’offre le plaisir de revoir une amie fort chère, connue depuis 25 ans et devenue Marseillaise d’adoption, ma proposition sonne comme une évidence :

- « Galerie Vivienne, Caves Legrand ? » et un « OUI ! » sans réserve fuse illico dans l’appareil.

Merci, Mémoire fidèle, pour ces merveilleux instants de connivence!

Galerie Vivienne, début janvier, tout en apparat rouge et or… Quel plus beau théâtre pour des retrouvailles ?

Et voici le préambule à nos causeries ! A la vitrine d’une très belle enseigne – elles le sont toutes ici, le velours d’un boudoir s’expose en clair-obscur…

Oyez, oyez, chères amies internautes : le passage Vivienne, temple du commerce, de la mode et des affaires depuis 1826, demeure entre tous un écrin au luxe et à la féminité…


Lever de rideau sur le majesteux fief des Caves Legrand ! La galerie trouve ici sa meilleure machine à remonter le temps, le bon goût serait donc l’ultime rempart aux tumultes de l’Histoire ? L’aïeule montre encore ses lettres de noblesse en extérieur, au numéro 1 de la rue de la Banque : une épicerie fine, ancienne échoppe de la Corporations des Epiciers, est établie là depuis le XVIIIème siècle, soit avant même la construction du passage. Le moment d’un aveu pour l’éternel jeune homme que je suis : c’est là, à l’âge des gourmandises adolescentes, que j’allais faire moisson de bonbons, délicieux et au meilleur rapport qualité-prix. La qualité d’une sélection « maison » qui ne s’est jamais démentie, de la boîte de sardines au bloc de foie gras…


Mais le moment des retrouvailles ne se contentera pas d’une poignée de bonbons, même s’ils sont impérissaaaables !! L’heure est venue de prendre place côté passage, ouvert sur le décor pompéien de la galerie, là où les générations successives de la famille Legrand ont su donner au fabuleux jus de la treille son éthique et sa philosophie.


Insensibles aux tendances sans lendemain, les maîtres de céans arpentent les terroirs, connaissent leurs partenaires vignerons et dénichent des pépites qui ne seront pourtant pas vendues à prix d’or… J’en veux pour preuve l’excellente bouteille de Ménetou-Salon blanc (domaine Emmanuel Pelé, 13,50€) dégustée ce soir-là et conseillée par Jean-Jacques, pilier et oracle de la boutique depuis 30 ans. Un petit bijou d’or clair, pour escorter l’assiette de fromages fermiers (Trio Lactée) et la Plancha de charcuteries fines qui font une délicieuse mise-en-bouche à la soirée.

Aux Caves Legrand, les temps changent mais la devise demeure, le meilleur au meilleur prix, y compris pour les très grands crus dont s’enorgueillit la vitrine.

Une adresse que n’aurait pas démentie l’ex-bagnard Vidocq, installé jadis au 13 de la galerie, et dont les services d’investigation faisaient l’homme le mieux renseigné de Paris…

Les Caves Legrand Filles et Fils
1, Rue de la Banque
75001 Paris
Téléphone : 01 42 60 07 12
www.caves-legrand.com
Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire

Paris des Chefs, rencontres de bons goûts

Vite, vite, le moment est venu de se secouer l’agenda si l’on veut participer à l’événement qui agite en ce moment le monde de la gastronomie !

Evénement culinaire mais pas que : dès dimanche prochain, à la Maison de la Mutualité, des célébrités de la scène internationale enfourchent pour leur heureux public le tandem de la création croisée. Plus précisément, 24 duos de chefs étoilés et de créateurs de tous horizons (architectes, comédiens, compositeurs, graphistes…) vont croiser leurs talents pour nous offrir en direct la preuve que les frontières et le cloisonnement sont une stupidité !

Et votre serviteur de s’incliner !

Plus encore que de côtoyer quelques « bioutifoul pipeul » (encore qu’un savoureux « live » avec Carole Bouquet n’ait rien pour me déplaire…), il y a là la possibilité d’assister aux belles correspondances qui vibrent entre les champs de création… Quelle que soit la discipline, l’harmonie préside dès lors qu’il s’agit de beau et de bon.

« C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe »… ? A voire !

Amateurs de tradition, c’est peut-être le moment de renouveler vos étagères ! Le Paris des Chefs, c’est aussi l’occasion de découvrir les dernières trouvailles du monde merveilleux de la cuisine : recettes en direct, ingrédients, techniques, ustensiles… et beaux livres bien sûr, avec la présence de la Librairie gourmande (séances de dédicaces à la clé) dont j’ai déjà fait l’éloge ici.

Rencontres aux sommets et régal des sens : un programme qui chatouille votre âme gourmande ?

Il reste à faire glisser votre curseur pour vous inscrire sur le site

www.parisdeschefs.com


Le Paris des Chefs les 22, 23 et 24 janvier 2012


Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire
Designed by MMCréation 2011'
+