Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

S’il n’en reste qu’un

Des ces vrais bistrots parisiens, ou plutôt auvergnats, dont la carte et la déco honorent les 80 ans d’existence.

 

Chez Savy, on trouve les meilleures spécialités du Cantal et de l’Aveyron (aligot le mercredi) dans une ambiance authentique où s’entrechoquent les verres et les assiettes. Pas fous, les journalistes de RTL ont traversé le trottoir pour en faire leur QG.

Lionel, le maître des lieux, quête lui aussi l’info de qualité : je le croise régulièrement à Rungis où il fait lui-même son marché.

Chez Savy restaurant
23, Rue Bayard
75008 Paris
01 47 23 46 98

 

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Magie nocturne

Je me souviens de cet événement organisé à l’Atelier Picasso, rue des Grands Augustins. La magie des lieux offrait un écrin aux surprises les plus inattendues…

Ce soir-là, l’écrivain Alain Casabona avait convié le Tout-Paris pour la sortie de son roman, « Le dernier lion de Castelnau » chez Calmann-Lévy. Une histoire envoûtante de création et de retour aux sources, celles d’une enfance africaine. Je me souviens, sur la couverture du livre, d’une toile célèbre et chatoyante du Douanier Rousseau.

Lorsque la magie est là, elle accomplit son oeuvre jusqu’au bout : dans la rumeur des conversations et le choc cristallin des verres, Didier Lockwood fit son apparition et vibrer les cordes de son violon amplifié.

Je me souviens, tout simplement parce que c’est inoubliable.

Le dernier Lion de Castelnau d’Alain Casabona
Aux éditions Calmann-Lévy

 

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Le bonheur sur le grill

Le « horovatz » dégusté sur les cimes de Noravank est plus qu’un trésor enfoui au jardin des souvenirs ! Pourquoi chercher plus loin le plaisir que je retrouve chaque année, dès le début des beaux jours, à organiser des BBQ-parties ? Le ciel est radieux, le soleil nous donne à tous des envies de liberté et de pique-niques informels. Des visages amis, des glaçons qui tintent dans les verres, la douce rumeur du partage. Des rires qui fusent çà et là et des conversations qui digressent au point qu’on en oublie la montre…

Bientôt un petit creux. Et là, surtout pas de dîner assis ou de menu conventionnel. Juste l’alléchant fumet de la viande saisie sur le grill ! Et les salades qui alignent joyeusement leurs couleurs assorties à celles de l’été, hmmm… Montre-moi la composition de ta brochette, je te dirai qui tu es ! Sans chichis, le BBQ distille toujours et encore ses prodiges de convivialité.

Et le lieu me direz-vous ? Un défi, à Paris, de repousser les murs en quête d’horizons inédits ? Mais non, mais non. No limit vous ai-je dit, l’un des piliers de mon credo gourmand. Nous aussi, nous avons nos « toits du monde » ! Il faut connaître certaines terrasses d’où le regard se perd, en surplomb du Champ de Mars par exemple, en vis-à-vis intime avec le galbe élancé de notre Dame de Fer. Ou d’autres, secrètes et isolées de la fureur du monde, loin de toute pollution visuelle, nichées dans les méandres poétiques du 14ème

Un rêve ? Un BBQ dans les jardins sublimes et atemporels du Palais Royal. Une folie ? Non. Le rêve est un objectif.

 

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Connaissez-vous Noravank?

 

Mystère de 3 syllabes derrière lesquelles ne se cachent ni la découverte d’une nouvelle constellation, ni l’œuvre d’un obscur mathématicien…

Noravank ? C’est tout simple ! Prenez un hélico jusqu’au Bourget, puis sautez dans un avion direction Yerevan, capitale de l’Arménie, et descendez toujours plus au sud, dans une gorge de la communauté rurale d’Areni… Au terme d’une fameuse grimpette, sous un soleil capable de tous les excès si l’escapade est estivale, Noravank vous offre soudain son ombre salutaire et sa puissante beauté. Le monastère de Noravank. Trois églises dont un mausolée, enchâssées depuis le XIIème siècle dans un cirque de montagnes abruptes aux allures de Mont Rushmore. La pierre de l’édifice se fond avec le gris ocre de la falaise rocheuse et alentour le regard se noie à perte d’horizon…

Noravank, aujourd’hui classé comme « étape incontournable » de tous les circuits touristiques, j’y suis arrivé presque par hasard lors de l’une de mes premières échappées en Arménie, au début des années 90. Une voiture de fortune en compagnie de quelques acolytes rencontrés à Yerevan, et une balade sans calcul et sans itinéraire balisé, au petit bonheur la chance… Une véritable aventure en terra incognita pour moi dont l’identité arménienne remonte à des grands-parents arrivés en France en 1920.

Lieu unique, émotion unique. Le temps d’un pique-nique improvisé, Noravank devient pour moi LE lieu d’élection. Rien à voir avec la proximité invisible de la communauté monastique, ma joie profonde n’a rien d’une fièvre mystique ! Le sentiment de reconnaissance est plus intime encore, il y a là tout ce que j’aime : dans le parfum minéral de la roche, une hauteur sublime, un horizon sans frontières déconnecté de l’esprit des lois, un sentiment de puissance atemporelle, une beauté bouleversante qui a toujours été et sera toujours. No Limit.

Et puis il y a le pique-nique, le moment fraternel du partage et lui aussi d’une convivialité sans âge. Luxe inouï de la simplicité : un cerclage de pierres et un foyer de branchages pour préparer le Horovatz (prononcez « Rolovatz »), plat de grillades qui illustre entre tous la tradition culinaire arménienne. Sur les braises, on pose les chich (brochettes) de mouton et de légumes achetés quelques heures plus tôt sur les échoppes dressées ça et là au bord des routes. A l’ombre, on a placé des bouteilles dans un seau d’eau en espérant leur maintenir un peu de fraîcheur. Aujourd’hui, un petit bistrot est tenu par la cousine d’un moine de la communauté, mais à l’époque il n’y avait rien. Et dans ce rien, il y avait tout.

Je me souviens du goût à nul autre pareil de ces brochettes, doucement grillées et imprégnées à cœur par un parfum d’herbes fraîches où se mêlent persil, ciboulette, aneth et menthe… Fumet puissant et herbisé du mouton, aubergines fondantes rôties tranquillement sur le feu… Quelques produits de base achetés aux fermiers du coin pour un festin de roi, ah mais quels produits ! On ne connaît pas le label bio là-bas, mais on ignore aussi les pesticides, les semences formatées et aseptisées, la chimie complexe des cultures hors-sol… J’ai encore en bouche le goût retrouvé d’un abricot, cueilli à l’arbre en sa pleine maturité, sans traitement ni précipitation. Petits producteurs d’ici où d’ailleurs, ma fidélité conserve la mémoire vive de ce fruit juteux et velouté !

De retour à Paris, assis devant mon ordi et à nouveau en phase avec le miracle de la technologie, j’ai immédiatement installé en fond d’écran un cliché de cet endroit qui me ressemble tant. J’ai souvent tenté d’en changer mais en vain, la magie du lieu continue d’opérer et mon âme parisienne de s’y ressourcer.

Noravank, on y revient…

Pour votre voyage:
L’agence Voyageurs du Monde
Qui  propose de très beaux et bons programmes
Ou
L’agence Sabératours
La pionnière, qui dès la fin des années 80 affréta tous les jeudis un avion pour Yerevan, en dépit des difficultés que cela représentait alors…Elle fait toujours référence.

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