Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Boulevard des délices

Le voyage commence de nuit, si tôt qu’on croit rêver encore.

Fermez les yeux et suivez le guide…

232 hectares. Le plus grand marché de produits frais au monde.

Une ville, que dis-je, une planète, une galaxie dont l’idée aurait pu germer dans l’imaginaire d’auteurs de SF amoureux du goût. Achalandée par camions, trains, avions, une sorte de cyber-carrefour des saveurs matérialisé à 7 petits kilomètres de Paris… C’est le point du jour et le moment de vous secouer les sens, la balade commence !

« Homme libre toujours tu chériras la mer » écrivait le poète, et « à ses meilleurs produits tu goûteras » renchérit le gourmand…

Pardon mes belles, je vous vois déjà au court-bouillon ou en timbale !

Le monde n’est plus dépeuplé quand vos semblables vous y attendent : sur 1400 fournisseurs, 15 d’entre eux sont mes interlocuteurs de choix. Depuis des années, ils réservent d’office à Madame est servie une sélection exigeante de leurs produits, car qualité rime le plus souvent avec petit volume.

Le miracle ne tient pas tant dans l’immensité de ces lieux, mais dans la chaleur humaine et authentique qui y règne malgré tout. A chaque spécialité répond un sourire, un conseil et un prénom. Et le bon vieux carnet de commandes qui n’a pas encore abdiqué devant l’I-Pad.

Ici, c’est Franck qui m’aura mis de côté le bel oignon primeur au bulbe nacré, et le jeune radis croquant dans son habit rose et blanc…

« Tu comprends, c’est comme ça qu’il me les faut ! » s’enthousiasme votre serviteur devant les cageots fraîchement arrivés des exquises cerises de l’Yonne. Celles-ci se font toujours un peu attendre, même si cette année le soleil a précipité leur belle maturité. Et les voilà, ô joie, bijoux grenats et éphémères qui sonnent le vrai début de l’été !

Hmmm, chaque année le même bonheur renouvelé… Les cerises de chez Rapineau ne manquent jamais à leur réputation de valeur sûre. Le fruit croque un peu, et distille en bouche son inimitable jus sucré. Est-on certain que la pomme qui a tenté Adam n’était pas une cerise de l’Yonne ?

Âmes sensibles s’abstenir, ne tentez pas d’imaginer cette bonne Charolaise en train de gambiller dans son pré… Mais plutôt la somptueuse côte de boeuf, frémissant sur le grill du barbecue au soir d’une belle journée d’été. Le rosé est au frais et la ratte du Touquet confit lentement dans sa robe de thym frais… Toujours pas d’amateurs ?

Je suis déjà passé chez « Flag » (pour ‘flagrant délice’ ?) qui préside pour moi au rayon beurre-oeuf-fromage, et me voilà chez Patrice, spécialiste des AOC d’Auvergne et d’Aveyron. Un bon Saint-Nectaire fermier, moulé au lait crû après la traite et affiné en cave 3 à 8 semaines, se reconnaît immanquablement à la plaque de caséine verte apposée sur sa croûte.

J’ai déjà l’affaire en main et l’eau à la bouche.

« Nous sommes les roses, dirent les roses. Ah ! fit le Petit Prince (…) ».

Sur le boulevard des Délices, les parfums se suivent et ne se ressemblent pas.

A Rungis, la rencontre est gourmande mais pas que.

Ces nonnes croisées en fin de marché n’ont rien d’une apparition : le Bon et le Beau, c’est sacré !

 

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L’effet Mistral gagnant

Qui a dit qu’il y avait un âge pour aimer les bonbons ?
Tatata, tagada… certainement pas moi !
La preuve : ce goûter atypique organisé pour une très grosse société de téléphonie et mille invités qui, pardon mesdames, avaient abandonné depuis belle lurette leurs culottes courtes.
Croyez-vous que les 500 kilos de sucreries firent longtemps tapisserie ?
On en choisit un alors que le premier fond encore dans la gorge, les joues se gonflent et pour l’occasion, on parle même un peu la bouche pleine… C’est si bon, les bonbons, qu’on en oublie la mesure.
Pffuitt, en 2 heures de temps, chamallows, schtroumpfs, rouleaux de réglisse et chupas chups avaient disparu, quand d’autres avaient retrouvé leur âme d’enfant. Le temps d’un goûter.
C’est toujours ça de pris, non ?


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Air pur

Où s’excentrer pour mieux se retrouver ?

Ici, niché dans le 14ème, dans ce lieu multi-culturel qui joue sur le brassage des arts (ciné, concerts, expos…), et mise sur d’autres audaces : dans un espace de transparence et de verdure, contigu à une cour d’école où des gamins viennent de loin en loin s’oxygéner à pleins poumons, l’Entrepôt propose l’inédit d’une terrasse non-fumeurs.

De quoi leur tirer son chapeau ? Je ne sais pas, mais l’envie pour moi d’y poser le mien. D’autant que la cuisine du lieu propose de jolis produits frais qui se goûtent d’autant mieux sans l’accompagnement de volutes vagabondes…

Restaurant L’Entrepôt
7/9 Rue Francis de Pressensé
75014 Paris
01 45 40 60 70
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Rose comme la vie

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Ça m’a pris un beau jour de 2008, alors que les camions « Madame est servie » étaient encore d’une teinte ocre clair. Sobre, passe-partout, un peu tristouille pour tout vous dire. Pas de quoi se mettre des rêves plein la tête ou s’ouvrir en grand l’appétit. Alors quoi ?

Les belles de ce monde manipulent avec talent le blush et le pinceau, pourquoi pas moi ?

En l’espace d’une journée mes camions furent maquillés en « total covering » ROSE. ROSE !

Rose comme la meringue avalée d’une bouchée, comme l’envie de tout et tout de suite, comme l’amour de notre Edith.

Rose comme la framboise à pleine maturité, comme le Panama que je porte aujourd’hui-même, ou le pull douillet que j’enfilerai si la brise fraîchit en fin de journée…

Et surtout, nuance entre toutes, LE rose d’Elsa Schiaparelli, la femme-femme qui aime, qui bouscule et qui ose !

Faites-donc un petit détour par ici : www.schiaparelli.com

Fémininité, plaisir, légèreté, grain de folie : le « shocking  pink» sera celui de « Madame est servie » !

 

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