Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Ajoutez deux lettres à Paris et c’est le Paradis – Jules Renard

Il y a comme ça des petits matins d’octobre où l’automne flirte avec l’été.

L’air est une soie tissée par les anges, et le ciel, vaste nuée teintée de rose, prépare en coulisses l’arrivée du grand soleil…

Un moment d’exception, et une invitation à tous les possibles.

Remarquez comme la nature est bien faite : quand l’âme jubile, le corps se met en marche en quête d’autres promesses…

En route !

Je n’ai rien truqué, à cette heure où dorment encore les touristes et déjà les noctambules, le pavé est désert et laisse toute sa place à l’Etoile… du matin.

Même les péniches ont l’air de poser pour la photo, arrêtées sur la Seine immobile pour la redite d’une « Impression, soleil levant ». Là où je suis flotte l’âme de Monet, Seurat et Pissaro…

… et quelque anonyme bien inspiré a choisi d’y installer son chapeau et son chevalet.

Pari sublime : arrêter la lumière, et immortaliser l’éphémère !

Dans la magie de l’instant, j’ai cru voir un oiseau noir, long cormoran, se profiler sur l’onde claire.

Au petit jour, même la Gendarmerie maritime pactise avec la poésie.

Capitaine, belle entrée en Seine !

Ballet d’ombres et de lumières. Sous le Pont de la Concorde, l’eau est une formidable machine à remonter le temps. Saviez-vous que ce bel ouvrage avait été en partie construit avec les pierres de la Bastille ?

Sous les flots, j’entends un sans-culotte qui fredonne encore sa Carmagnole…

Le chrono s’emballe. Nous voilà dans les années soixante.

Qui me croira quand je dirai que j’ai vu une Daf se faire semer en trois coups d’aviron ?

Il est temps de retoucher terre.

Mais un matin comme celui-ci, la géométrie refuse la norme et défie les lois de l’apesanteur.

Place Dauphine, les chaises du Caveau se font l’échelle et se rêvent en héliotropes, tournées vers le ciel pour mieux en capter la lumière.

Paris-Paradis n’en finit pas de se mettre en scène et de redistribuer les rôles !

Rue de Sèvres, Hermès plante si bien le décor que tous les cancres de la terre seraient tentés de courir à l’école :

Et une belle image pour l’âne qui braie !

Mon âme d’enfant a envie de lui taquiner le ventre, et de trouver la clé qui le fera s’animer.

Les couleurs de la vitrine ont roulé jusque sur le trottoir.

Au Marché Raspail, les courges font les belles et de l’oeil aux peintres : « N’est-il pas vrai que nous sommes de merveilleux modèles pour Arcimboldo ? »

Le soleil qui a suivi sa course me fait lever le nez, je serai bientôt aux jardins du Luxembourg… Dieu que cette façade m’émeut, éternelle Parisienne ! Sa majesté est celle d’un vaisseau fendant l’azur.

Pour moi, la plus belle combinaison du blanc, du rouge et du bleu.

L’émotion est un sport qui creuse. Je délaisse le bistrot trop fréquenté par les amateurs de Guignol, rien ne vaut le spectacle d’une belle carte. Et c’est ici que je le trouve, au Pavillon de la Fontaine, qui se cache vers l’accès des jardins côté Port Royal.

Il y a là d’alléchantes formules de petit-déjeuner, et pour plus tard, crêpes et gaufres, des macarons de chez Carette et une belle sélection de glaces artisanales de la maison Pédone : je lorgne illico le Chocolat Grand cru et le Café brésilien…

La matinée s’achève et je ne suis plus le seul à guetter l’instant magique. Non loin de moi, quelques touristes américains, australiens, japonais, attendent eux aussi « leur » rayon vert.

Il n’y a pas de hasard si cette fontaine nous a tous attirés là.

Chef-d’oeuvre de transparence, sublimé par les diaprures du soleil.

Sur nos images, il y aura autant de points de vue que de photographes, mais le sourire que nous avons échangé sur l’instant disait une vérité commune : la Beauté est universelle.

Pavillon de la fontaine

Jardin du Luxembourg

75006 Paris

 

Lire la suite | Ajouter un commentaire | 2 commentaires

Pour ceux qui ont un ballon ovale sous le chapeau

Notre XV de France a le goût des mots, et c’est un festin pour les esgourdes !

Petit lexique de saveurs, récolté entre pelouse et vestiaire :

« Aujourd’hui, c’est 100% côtelettes ! », alléchante mise en bouche,

« S’ils nous prennent pour des jambons, on va être sec, on va pas se faire fumer et ils prendront l’air du pays », enchaîne sur un solide plat de résistance,

Accompagnement oblige : « Les gars, vu le score, si on gagne pas c’est ratatouille de phalanges pour tout le monde !« 

Le menu de la Victoire ?

Rue des Canettes, on a déjà hissé nos couleurs comme un trophée, pourquoi renoncer au rêve ?

Mais c’est d’abord en version live que l’ambition devient exploit : « Les gars, aujourd’hui je veux que des jobards, des tarés, des dingos… Surtout on reste lucideuu !! »

Je vous avais prévenus, énorme et savoureux !

 

Quelques repaires de rugbymen :
Le Birdland
8 Rue Guisarde
75006 Paris
Le Six de la soif
19 Rue des Canettes
75006 Paris
Le Eden Park
10 Rue Princesse
75006 Paris

 

Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire

Le saviez vous?

A deux pas du tumulte mercantile des Champs-Elysées, le 8ème arrondissement offre aussi au promeneur sans CB la possibilité d’une inestimable oasis…

Une déambulation gratuite vous ouvre ses portes au Petit Palais, côté collection permanente (porte de gauche) parmi les trésors de Dürer, Rembrandt, Rubens, Fragonard, Courbet…n’en jetons plus, et dans l’architecture inondée de lumière naturelle conçue jadis pas Charles Girault. Beau et bon à discrétion!

Et pour prolonger le moment de grâce, totalement protégé de la rumeur automobile, un café vous attend en terrasse-lounge. Mosaïque, fresques et colonnes impériales…le temps et la fureur du monde se sont arrêtés.

Un régal qui ne se mesure pas en euros.


Le Petit Palais
Musée des Beaux arts de la ville de Paris
Ave Winston Churchill
75008 Paris
01 53 43 40 00
Lire la suite | Ajouter un commentaire | aucun commentaire
Designed by MMCréation 2011'
+