Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Histoire d’or

Changer le plomb en or ? Une alchimie à laquelle personne ne croit plus. Et pourtant…

Voici une histoire courte sans grimoire ni chaudron magique.

C’est celle d’un homme qui en rencontre un autre. Pour régler une vilaine petite affaire. Dans le jargon approprié, on appelle ça un litige professionnel. Maux de tête en perspective.

La rencontre ouvre le dialogue.

Le premier parle de son métier et raconte toute l’affaire avec sincérité, parce qu’en toutes choses il a le goût du vrai. L’homme de loi écoute et quelques minutes plus tard… il passe commande à son interlocuteur, en sollicitant ses services à titre privé.

Le censeur était devenu client ! Improbable mais vrai, j’y étais…

Ne cherchez pas la pierre philosophale au diable vauvert.

Elle réside en chacun d’entre nous, du côté du cœur.

Cela s’appelle la CONFIANCE.

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Bio en broche chez l’Ami Marco

C’est bientôt l’heure du déjeuner et je musarde, antennes aux aguets, sous la lumière diffuse du Passage des Panoramas.

Petite balade dans le temps comme je les aime, dans une architecture conçue il y a deux siècles et dont le coeur n’a cessé de battre, irrigué par le flux battant des commerces et des visiteurs. D’ailleurs, nous sommes à deux pas du célébrissime Grévin, il me suffirait d’un petit détour pour aller tirer mon chapeau à Chaplin et Voltaire…

Mais l’estomac tenaille, et ce sont des couverts géants, d’humeur bien rose, qui retiennent mon pas dans l’ici et maintenant !

Derrière les couverts de Gulliver se déploie une jolie perspective de tables proprettes, fort avenantes dans leur robe à carreaux. L’ardoise elle aussi est tentante, dans sa belle simplicité de plats de bistro qui fleure bon l’andouillette (garnie de tous ses A) et la salade museau vinaigrette.

C’est bath chez L’Ami Marco aurait dit Gabin, avant d’y emmener sa Morgan sans croquer toute sa solde de permissionnaire : entrées et desserts sont au prix unique de 3 euros.

Pour moi ce sera un plat en direct : je suis en confiance et je commande sans tergiverser. L’Ami Marco s’annonce rôtisseur, va pour le poulet bio !

Pas plus de chichis dans l’assiette que dans la déco, mais je me régale de mon choix : la cuisse est rôtie à point et sous ses courbes dodues, la chair est tendre et savoureuse. Et le bio est là, à n’en pas douter : je le reconnais à l’os qui résiste vaillamment sous les assauts de mon coup de fourchette. Frites maison tout à fait honorables, la salade sans trop d’intérêt remplit son office de fraîcheur.

Un vrai bon point pour ce petit gueuleton sans prétention. Une façon de se restaurer sainement et garder de quoi chiner dans l’insolite brocante qui vous tend les bras, là, dans la vitrine juste en face…

Univers hétéroclite de perles, de verroterie et de celluloïd : au 47 du Passage, un monde baroque et un brin désuet se prête à quelque rêverie digestive…

Réminiscences garanties et coup de chapeau au savant étalagiste qui a trouvé son inspiration dans le ventre de notre vieux coffre à jouets !

L’Ami Marco
22, Passage des Panoramas
75002 Paris
et
La boutique brocante
Tombées du Camion
44/47, Passage des Panoramas
75002 Paris
de 13h00 à 19h00 tous les jours
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Comment j’ai rencontré Sir Winston Churchill

Il a surgi un soir alors que je rentrais d’une prestation gourmande, heureux d’un succès qui débordait sur la nuit.

Je faisais durer le plaisir en empruntant l’itinéraire que j’aime, longeant Grand et Petit Palais sublimés par les lumières de la ville. Un spectacle dont je ne me suis jamais lassé, si souvent contemplé que je pourrais le réinventer les yeux fermés…

La silhouette de bronze s’est imposée avec l’intensité d’une première fois. Quatorze ans pourtant, qu’elle arpente d’un talon volontaire l’angle sud de l’avenue qui porte son nom. Mais ce soir-là, l’âme s’incarnait. Sous le carcan métallique c’était l’homme qui prenait vie.

Les héros statufiés n’auraient-ils pas droit à leur petite balade nocturne ?

Vous me croirez ou pas, j’ai marché à l’ombre du Vieux Lion. Entendu crisser l’étoffe rigide de l’uniforme. Quand soudain l’illustrissime gueule boudeuse s’est mise à parler…

Hier parlait à demain et le message était clair. Gravé pour l’éternité.

Quelques secondes plus tard, Sir Winston a regagné son noble piédestal mais dans l’air flottait encore un parfum de cigare…

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Harry’s New York Bar, Try the Original

Tout l’inverse d’un repaire confidentiel tant on en a déjà vanté la légende !

D’ailleurs, depuis l’année dernière, le fringant centenaire a consigné ses Mémoires dans les pages d’un beau livre-album qui mixent tout ensemble le mythe et ses recettes.

Une histoire d’hommes bien sûr, Clancy, Tod et les autres, pour faire migrer au-dessus de l’Atlantique les huisseries d’un bar new-yorkais et les remonter à l’identique, at the right time in the good place. Soit avant l’application du 18ème amendement et sa cohorte d’incorruptibles, et à l’aube du Paris des Années Folles… Well done !

Et avant la musique ! C’est peu de le dire quand on sait que Gershwin himself a posé sur le piano du sous-sol les premiers accords d’Un Américain à Paris…


Mais c’est avant tout de part et d’autre du bar que ça se passe, que dis-je un bar, une pièce d’anthologie !

La vraie star du lieu, inchangée depuis 1911, en robe d’acajou de Cuba dont la magnifique patine raconte encore l’histoire de quelques coudes illustrissimes, dont ceux de Fitzgerald et d’Hemingway.

Forcément… plus tendre est la nuit, et moins rude l’adieu aux armes après avoir siroté un Blue Lagoon ou un Bloody Mary, cocktails parmi tant d’autres dont on a inventé l’euphorisante mixture ici-même.

Nonobstant l’ambiance virile et cosy du lieu, yankee pur jus, qui prend toute sa mesure en mode nocturne, on peut aussi s’y poser de jour pour une pause lunch bien goûteuse… ici on dira « tasty ».

Si comme moi vous ne taquinez pas du single malt avant la tombée de la nuit, vous pourrez vous régaler de bonnes recettes elles aussi éprouvées par la légende. Hot dog, chief salad, chicken ribs, chili con carne…

… ou bien croquer dans le Club sandwich, excellent modèle du genre : pain toasté tiède et moelleux, garniture généreuse et mayo bien relevée, le tout bien arrimé par un cure-dent qui a chipé son olive au Martini Dry.

Beau et bon, what else ? Enjoy !

Harry’s Bar

5, Rue Daunou

75002 Paris

01 42 61 71 14

 

Et le livre

The original Harry’s bar

d’Isabelle MacEhlone
Ed. La Martinière.
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