Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Un Cloître ouvert sur Ailleurs

Il existe des lieux qui vous choisissent. Peut-être difficile à entendre pour nos esprits baignés de logique matérialiste, mais quand le phénomène se produit, il prend la force de l’évidence.
J’ai la chance, pour ne pas dire l’immense faveur, d’avoir été élu par l’un des endroits les plus rares de Paris, bulle d’oxygène siégeant entre la terre et l’Ether.
Au début était le Verbe porté haut et clair, et je commençai d’offrir mes services aux choristes de la formation Fra Angelico…

Sait-on si la magie s’origine dans la voix des anges ou le parfum d’une rose ?
Et puis l’histoire s’enracine dans un beau terreau de confiance et de partage : les frères dominicains ouvrent à leurs prochains le lieu qui se prête si bien aux échappées contemplatives. Le cloître de leur couvent est rebaptisé ‘Cloître ouvert’ et sera confié à la société Di Mezzo. Les travaux entrepris par les architectes sont une réussite : la modernité s’invite dans les lieux sans rien corrompre de leur esprit. A l’inverse il s’y affûte, tant les jeux de lumière y font rimer transparence et transcendance.
Di Mezzo, c’est aussi et surtout la houlette inspirée de Stéphanie Guizol. La dame est un émissaire de choix, attentif et charmant, qui s’investit toute entière sans sacrifier le coeur à la raison. Elle n’a pas son pareil pour accueillir dans cette enceinte privilégiée des entreprises en quête de valeurs humaines. Un lieu qui touche à l’âme ne peut qu’être propice aux spéculations de l’esprit !
Mon lien avec l’endroit s’enrichit encore du sourire et de la générosité d’un guide, c’est l’apothéose…

Ici, le cadre ouvre les cadres et la nature communie avec l’art. Aujourd’hui et jusqu’au 22 juin, les « Regards vers un ailleurs » de Boris Gayrard et Sandra Matamoros subliment la Nature et nous offrent leur version de l’Eternité.

La musique y ajoute ses harmonies et pianote sur nos cordes sensibles…

Le lieu revisité joue le confort et l’épure, une esthétique noble qui fait écrin à la création autant qu’aux élans de convivialité… La chaleur humaine n’est-elle pas la plus douce des clartés ?

Qui en douterait : si l’habit ne fait pas le moine, le sourire fait l’homme !

Nos hôtes en robe blanche sont curieux d’autrui et montrent une merveilleuse capacité d’accueil. Un « Cloître ouvert » qui déverrouille tous les stéréotypes…

En observant cette lumineuse triade qui faisait honneur à ma table, il m’est revenu cette citation de Plutarque : « Un frère est un ami donné par la nature« .

Le Cloître Ouvert accueille l’exposition « Regards vers un ailleurs » jusqu’au 22 juin.
Pour privatiser ce lieu exceptionnel, adressez-vous à Stéphanie Guizol au 06 35 56 71 06
222, Rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris
www.lecloitreouvert.com
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Monumenta au Grand Palais : Excentrique(s) c’est cosmique !

Le Grand Palais, c’est un peu mon Amérique à moi comme chantait l’ami Brel, lieu sans cesse renouvelé de plaisirs et de rêves, souveraine architecture qui se prête sans souci d’étiquette à tous les élans de la création !

Peinture, mode, musique… J’ai encore à la tête et au coeur le souvenir du dernier concert de Prince sous la nef, cathédrale de verre vibrant sous les accords du dieu de la musique et éternel performer…

Forcément, j’étais l’un des premiers à l’ouverture de la dernière édition de Monumenta qui cette fois a donné carte blanche à Daniel Buren. Carte blanche, mais tout atout à la couleur !

L’artiste a fait pousser là une forêt d’immenses pastilles dont le prisme bleu, jaune, orange et vert joue autant avec nos émotions qu’avec la lumière. Atttention, c’est le moment de se dépouiller de nos conditionnements et de nos perceptions d’animal terrestre, ça va décoller !

Effet garanti lorsqu’à l’issue d’un long corridor faiblement éclairé, vous surgissez soudain en pleine lumière.

Panorama sidérant et sidéral où se redessinent l’espace et les volumes, vision sans limite qui dissout les frontières entre ciel et terre.

La météo changeante est un imprévisible maître du jeu. Elle éteint ou sature à loisir l’atmosphère, construit et déconstruit les formes et les motifs. Quelle heure peut-il être ? Le sol s’illumine à mes pieds d’un fabuleux cadran solaire…

La perte des repères vous offre ici les joies de l’illusion et la possibilité de voir le monde comme il vous plaît… Chemin faisant, j’ai rencontré un fabuleux insecte de lumière. N’entendez-vous pas bourdonner ses élytres géants ?

Basta du terre à terre, profitez du moment pour flotter sur le velours vert d’un nénuphar interstellaire !

L’artiste travaille depuis toujours sur le pouvoir qu’exerce l’oeuvre d’art sur son environnement.

Pari gagné : ce jour-là j’ai vu de mes yeux que la terre était bleue comme une orange.

Alors chers amis internautes, prêts pour le grand bain ? Tentez l’expérience sensuelle et poétique, ensuite vous ne verrez plus le monde de la même manière…

L’exposition a la beauté de l’éphémère et fermera ses portes le 21 juin avec un concert.
Monumenta au Grand Palais
Bd Winston Churchill
75008 Paris
www.monumenta.com
Nocturne certains soirs

 

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