Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Vous connaissez la musique ?…

Comme le dit si bien l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est pourquoi je m’en vais d’abord m’auto-congratuler sans complexe pour avoir participé à la grande soirée musicale du Trianon, il y a tout juste quinze jours.

Mais oui, c’était mon chapeau sur ce pouf rouge théâtre,


 

Et comme toujours je jouais avec passion les amphytrions en faisant aménager mes tables de cocktail dans un lieu dédié au spectacle depuis sa création,


 

Et pourquoi cet air de fierté, ce petit couplet d’autosatisfaction ?

Et bien je vais vous le dire, faute de pouvoir vous le chanter : il s’agissait de la cérémonie France Musique Sacem pour le prix de la meilleure Musique de film, et ô bonheur, ô gratitude, j’étais choisi pour faire le lien gourmand entre tout ce que j’aime…

J’ai donc reçu mon trophée préféré, celui de la Confiance !

Et comme tous les lauréats, ma reconnaissance ne se privera pas de son refrain bien connu…


 

Merci ! à tous ceux qui ont su garder au Trianon son âme d’antan, de la salle de bal aux escaliers dérobés qui se souviennent encore du cancan de la Goulue et des textes du Grand Jacques, écrits à l’abri du froid, dans une des loges aujourd’hui disparues…


 

Merci ! au somptueux Orchestre Philarmonique de Radio France, dirigé ce soir-là par le chef Wilson Hermanto, et qui a fait pousser dans la coulisse ces massives silhouettes de bois, écrins dignes et patients, tandis que leurs occupants s’accordaient sous le feu des projecteurs…


 

Merci ! aux compositeurs inspirés sachant donner aux pépites du 7ème art leur rythme, leur relief et leur contrepoint !

Ce 12 novembre la victoire revenait à Pawel Mykyetin pour la partition du film Essentiel Killing, et Bruno Coulais, lauréat 2011, faisait entendre sa partition commandée par Radio France.

Bien d’autres stars du métier étaient à la fête, y compris ceux qui reposent aujourd’hui au paradis des artistes, l’homme s’est éclipsé mais sa mélodie est éternelle ! Quelques notes de Kosma ou Delerue suffisent pour voir surgir Garance sur le Boulevard du crime, ou BB, sublime Camille du Mépris

Que serait Hitch, et en particulier son chef-d’oeuvre Vertigo, sans Bernard Hermann ? Et la Panthère rose sans la célébrissime partition de Henry Mancini ? Papam, papam…, désolé Mr Blake Edwards, avec le temps la musique a volé la vedette à vos images ! Allons bon, voilà mon coeur de cinéphile qui s’emballe !


 

Champagne, chers amis internautes, pensez culture, pensez cinéma, l’art qui se fête est un éternel antidote aux petits poisons du quotidien… Et viva la Musica !


France Musique

France Musique Prix de la Musique de film

Sacem

Sacem Prix de la Musique de film

Le tout dans la salle du Trianon

Trianon

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Du bon, du beau, du Bocuse !

 

Attention, mesdames messieurs, aujourd’hui, n’en déplaise aux arracheurs de dents, cafards, charlatans et autres prophètes – Brassens le chantait mieux que je ne l’écris, nous allons pousser la porte d’un mythe, d’un génie, d’un gardien du temple, d’un maître, d’un sans-pareil, et ne pas bouder notre plaisir en chantant une fois de plus sa louange (gourmande, cela s’entend).


 

Eh oui, tant pis pour les blasés et les grincheux qui considèrent que 3 macarons inamovibles, validés 47 années durant par le guide du pneu, c’est pousser pépé dans les orties. Sûr que chez Maître Paul, on ne fait pas son pain quotidien en jouant du syphon ou de la mixologie moléculaire… Du reste, pourquoi les opposer, n’y a-t-il pas de place pour tous à la table des artistes ? Faut-il jeter Michel-Ange pour aimer Mondrian ?

Bref, moi j’ai l’esprit large et le palais accueillant, pas bégueule pour un rond, c’est simple, j’aime le meilleur !


 

Et ici, le meilleur c’est une gageure, un credo, un art de vivre ! J’adore le design, mais chez Bocuse, manger dans de la porcelaine fine c’est une façon d’être cohérent avec le reste, les dorures, la grande cheminée, les natures mortes richement encadrées… L’Histoire a son style, ses époques et ses traditions, et loin de tout snobisme, un certain classicisme bon enfant met parfaitement en relief des recettes époustouflantes, grandioses, des institutions elles aussi. L’Histoire de France de la gastronomie.

Regardez-moi ces volailles de Bresse de la Mère Fillioux, quel décolleté n’est-ce pas ? Truffées sous la peau et cuites dans une vessie de porc, elles vous sont servies ainsi, comme deux ballons de foot prêts à l’implosion, par le maître d’hôtel…


 

… et puis c’est le strip-tease, torride, la créature est sortie de son écrin, les parfums qui s’exhalent vous susurrent qu’un dieu existe quelque part (en cuisine assurément), et la divine se laisse découper devant vous, gentiment, sur son guéridon. Si vous restez insensibles à ça, je ne peux plus rien pour vous. Du grand Art, c’est tout.


 

Une fois passée par le fil de la lame, la savoureuse s’allonge avec volupté sur un lit d’onctueuse sauce suprême, en compagnie de morilles épanouies, de petits légumes frais bien beurrés et d’un riz cuit au bouillon.

Produits somptueux, cuissons parfaites, des saveurs qui explosent en bouche sans demander à se faire deviner.

L’excellence dans la simplicité.


 

Bien sûr, comme dans les grands banquets d’autrefois, le sorbet alcoolisé est là, simple, non-perfectible, cassis arrosé de sirop de beaujolais. Pour « faire passer ». On déguste.


 

Plateau de fromages sublime, évidemment. Nous sommes sous le toit d’un maître qui me renvoie à cette citation d’un autre :

« Un repas sans fromage est une belle à qui il manque un oeil » – Brillat-Savarin.


 

Ah j’en ai vu passer des millefeuilles tentateurs, des tartelettes aguicheuses, des babas qui laissent baba… et vous êtes autorisés à choisir autant desserts qu’il vous plaira, oui, vous avez l’autorisation de redevenir un enfant et, même on vous y encourage, nul ne viendra vous juger coupable d’avoir eu « les yeux plus gros que le ventre ».

Mais l’enfance de l’art, c’est peut-être dans cet oeuf à la neige qu’elle s’incarne le mieux. Si délicieusement simple (rien, mais alors rien à voir avec une certaine île flottante aussi caoutchouteuse que frelatée) qu’on se passerait presque, presque, du caramel et des pralines concassées.


 

Il est passé à notre table, Maître Paul, comme il le fait toujours, affable, généreux, d’une gentillesse sans afféterie… Nous avons retrouvé chez l’homme, allons-y pour l’oxymore, la spectaculaire simplicité de sa table, et la pâte d’un génie chaleureux qui après avoir créé, aime à encourager et à transmettre.

Comment vous dire mieux que ce déjeuner m’a rendu heu-reux ?

Alors on s’incline, on dit merci et on souhaite que l’Auberge du Pont-de-Collonges soit étoilée pour l’éternité !


Restaurant du Pont de Collonges

40, rue de la Plage

69660 Collonges au Mont d’or

Tél : 04 72 42 90 90

www.bocuse.fr

 

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Musardise au Palais-Royal

Et si l’on s’accordait sans délai une petite page de romantisme ?

Quand l’info sature, que l’âme ploie et le corps fatigue, il est bon de se réfugier dans un palais secret, devant lequel de hautes flèches d’or à toute morosité font barrage…

Après avoir laissé votre lassitude à l’octroi et vidé vos poches boursouflées de spleen, il faut laisser s’ouvrir tous les cadres et laisser s’y infiltrer la lumière, ô joie !

Le soleil est comme l’amour, célébrissime enfant de bohème, il ignore les frontières et les verrous,

Tout juste s’il tolère que les chausseurs d’images cherche à le capturer dans leur boîtier…

… même si son orgueil d’astre sans-pareil cède un peu de territoire lorsque l’amour paraît !

Il se fait un honneur d’offrir une cathédrale de lumière à celle qui vient là répéter le scénario de ses noces.

Amoureux du motif, il joue à faire mousser ses rayons dans une traîne de lumière…

Le temps de compter jusqu’à trois et hop ! ailleurs il poursuit sa fugue, il plane, volette et muse, pourquoi se priver quand ce palais se donne depuis les Fêtes de la Régence comme le temple du libertinage… Tenez, leurs silhouettes ne font plus d’ombre, mais ne devinez-vous pas ces amoureux d’antan en train de prendre le thé?

C’est peut-être dans le vent qui berce les arbres de la promenade que vous entendrez leurs tendres soupirs…

Amis Internautes, lorsque l’info sature et que l’âme ploie, songez à ce refuge royal et à sa brillante rêverie.

Ouvrez la parenthèse dans la frénésie du quotidien, et passez au-delà des grilles : là où se courtisent si bien l’ombre et la lumière, il est toujours histoire d’amour…

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