Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

B.O. comme…

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D’abord comme Belle Occasion de s’aventurer en plaine Saint-Denis, là où les ambitions de Luc Besson ont remporté leur pari en transformant le territoire immense des anciennes usines électriques en nouvelle Mecque du cinéma.

Hollywood-sur-Seine, Cinecittà parisienne… oui, ville dans la ville, l’endroit brille par sa démesure et mérite sans conteste ses étiquettes superlatives. Il suffit de traverser, les yeux au ciel tant son architecture nous dépasse, la spectaculaire nef industrielle qui mène jusqu’à la cantine hors-normes qui nous intéresse…

 

Travelling hallucinant que l’arrivée dans la Cité du 7ème art, temple dédié tout entier à cette fabuleuse machine à rêves qui commença de transporter les foules, pensez, en 1895 ! Mais l’objet manifeste de notre désir, c’est de pousser les portes du foyer de ces studios sans-pareils, à voir, et à goûter aussi. A quoi s’attendre quand on sait que Bob De Nirohimself fut de l’inauguration, il y a bientôt 2 ans de cela ? On craindrait presque qu’une ambiance (et une ardoise) par trop VIP ne nous reste sur l’estomac. Et bien non, ce B.O. est une Bande bien Organisée qui n’oublie pas que sans son grand public, le cinéma n’aurait qu’à remballer ses bobines. Beaux volumes, hautes baies vitrées donnant une vue imprenable sur la Cité, mais le chic reste sobre dans une ambiance vraiment cosy et décontractée. Tiens, on serait même tenté de s’alanguir dans les profonds canapés pour y penser le scénario de son été…

 

Un bon esprit qui prend chair dans la cuisine du chef Marc Faujour. Avec une carte courte, simple et de saison, sa Bande Originale joue le registre de l’authentique, beaux produits et assiettes généreuses à la clé. On ne s’interdit pas les grands classiques, comme cette Caesar salade moelleuse et croquante à la fois, qui s’épanouit façon « A Star is born ». Je résiste aux copieux spaghettis meatballs tout droit sortis de l’Amérique de Sergio Leone, et lorgne sans craquer vers l’affolante fucking entrecôte, plus de 300 grammes de bonheur servis avec une somptueuse béarnaise maison, montée avec amour une demie heure avant le service… Va pour le choix d’une belle viande blanche, goûteuse et fondante, et son joli panier de pommes de terre rôties. Du beau, du bon, sans prétention on vous dit.

 

Pas de show off ici, même si un regard panotant vous donnera à coup sûr la sensation d »en’ être, car vous voisinerez probablement avec un Farrugia ou autre abonné du lieu… vous êtes sur la planète Besson où gravitent amis, collaborateurs et invités de marque. Mais comment, je ne vous ai pas encore parlé du B.O. comme Bel Oiseau ? Pimpant, volubile, chaleureux, accueillant sans distinction bioutiful people et gourmands anonymes ?

J’ai nommé Vanessa Izerzer, directrice et vedette en son paradis de cinéma, dégainant à qui veut son sourire comme arme fatale ! Tentés par la rencontre ?

Préméditez-la, car le sésame de l’endroit rime exclusivement avec réservation.

Restaurant BO
Cité du Cinéma
20, rue Ampère
93413 Saint Denis Cedex
Téléphone : 07 86 07 49 43
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Vous connaissez la musique ?…

Comme le dit si bien l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est pourquoi je m’en vais d’abord m’auto-congratuler sans complexe pour avoir participé à la grande soirée musicale du Trianon, il y a tout juste quinze jours.

Mais oui, c’était mon chapeau sur ce pouf rouge théâtre,


 

Et comme toujours je jouais avec passion les amphytrions en faisant aménager mes tables de cocktail dans un lieu dédié au spectacle depuis sa création,


 

Et pourquoi cet air de fierté, ce petit couplet d’autosatisfaction ?

Et bien je vais vous le dire, faute de pouvoir vous le chanter : il s’agissait de la cérémonie France Musique Sacem pour le prix de la meilleure Musique de film, et ô bonheur, ô gratitude, j’étais choisi pour faire le lien gourmand entre tout ce que j’aime…

J’ai donc reçu mon trophée préféré, celui de la Confiance !

Et comme tous les lauréats, ma reconnaissance ne se privera pas de son refrain bien connu…


 

Merci ! à tous ceux qui ont su garder au Trianon son âme d’antan, de la salle de bal aux escaliers dérobés qui se souviennent encore du cancan de la Goulue et des textes du Grand Jacques, écrits à l’abri du froid, dans une des loges aujourd’hui disparues…


 

Merci ! au somptueux Orchestre Philarmonique de Radio France, dirigé ce soir-là par le chef Wilson Hermanto, et qui a fait pousser dans la coulisse ces massives silhouettes de bois, écrins dignes et patients, tandis que leurs occupants s’accordaient sous le feu des projecteurs…


 

Merci ! aux compositeurs inspirés sachant donner aux pépites du 7ème art leur rythme, leur relief et leur contrepoint !

Ce 12 novembre la victoire revenait à Pawel Mykyetin pour la partition du film Essentiel Killing, et Bruno Coulais, lauréat 2011, faisait entendre sa partition commandée par Radio France.

Bien d’autres stars du métier étaient à la fête, y compris ceux qui reposent aujourd’hui au paradis des artistes, l’homme s’est éclipsé mais sa mélodie est éternelle ! Quelques notes de Kosma ou Delerue suffisent pour voir surgir Garance sur le Boulevard du crime, ou BB, sublime Camille du Mépris

Que serait Hitch, et en particulier son chef-d’oeuvre Vertigo, sans Bernard Hermann ? Et la Panthère rose sans la célébrissime partition de Henry Mancini ? Papam, papam…, désolé Mr Blake Edwards, avec le temps la musique a volé la vedette à vos images ! Allons bon, voilà mon coeur de cinéphile qui s’emballe !


 

Champagne, chers amis internautes, pensez culture, pensez cinéma, l’art qui se fête est un éternel antidote aux petits poisons du quotidien… Et viva la Musica !


France Musique

France Musique Prix de la Musique de film

Sacem

Sacem Prix de la Musique de film

Le tout dans la salle du Trianon

Trianon

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Du Rififi dans mes fourneaux

Ce matin-là, Chandler et Ellroy avaient pris leurs quartiers chez  moi : une blonde en fourreau, dégoulinante d’hémoglobine, jouait avec mes couteaux…

Des secours, du valium, une camisole ?

Heyno worries

C’est du cinéma !

Gastronomie et 7ème art, c’est une longue histoire, y compris dans l’itinéraire de votre serviteur cinéphile qui aime à faire le clap gourmand sur les plateaux de tournage. J’ai donc ouvert grand la porte de mes cuisines à Nicolas Martin, aussi doué sur les ondes qu’à l’écran, en quête de décor pour son dernier film.

Sur le papier, Remember me s’annonce comme un thriller gastronomico-métaphysique… Difficile pour le moment d’en dire davantage. En revanche, le « work in progress » me montre à quel point cuisine et cinéma peuvent être des arts jumeaux.

Voyons voir…

Dans un cas comme dans l’autre, il est indispensable de mettre la main à la pâte…

De disposer de produits frais, soigneusement sélectionnés – Hortense et Pétunia, deux spécimens de bars à l’oeil vif, ont fait l’objet d’un casting sévère…

D’affûter sans délai le fil de sa lame, surtout si l’oeuvre est au noir avec traque au gros gibier… un cuisinier sans couteau c’est Marlowe désarmé !

Naturellement, la sauce ne prendra qu’à la condition d’un bon travail d’équipe,

A chacun de faire preuve de concentration…

D’un peu d’audace et de confiance en soi…

Et de ne jamais, jamais, lésiner sur l’esthétique !

Un bon film, on a cent fois raison d’en faire tout un plat.

Dans les cuisines de « Madame est servie »,
Remember me de Nicolas Martin - http://post-mortem.org
Avec : Hélène Roisin, François Sagat et Benoît Brumer.
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Plateaux Gourmands

Dis, tu crois que dans le film ils mangent « en vrai » ??

Mais oui, Nom d’un traiteur !

Je ne suis pas en train de vous dire que nos héros du 7ème art ingurgitent autant d’alcool et de nourriture que les images voudraient nous le faire avaler, il y aurait eu danger pour les acteurs fétiches de feu Chabrol ou Marco Ferreri !

A l’exception notoire de l’auteur du doc Super Size Me qui s’est pris comme cobaye pour mieux dénoncer les ravages de la malbouffe à l’américaine, façon Mac Machin.

En revanche, souci de réalisme oblige, sans compter le soin porté au bien-être exigeant des comédiens, la production prévoit toujours un vrai budget pour les provisions de bouche. In et off, pour la coulisse (avant-premières, fêtes de fins de film, ciné-chiffres) et bien sûr pour les séquences dont le scénario passe à table !

Cinéphile, voire cinéphage, il n’y a sans doute pas de hasard si je flirte depuis plus de 10 ans avec les plateaux de cinéma… Flirt gourmand bien sûr, qui commence en 2001 avec « Le Pacte des Loups » et « Absolutely fabulous » où Vincent Elbaz passe le tablier rose et blanc d’un garçon Madame est servie !

Voilà pourquoi j’ai toujours un petit cocktail d’avance sur votre actualité Grand écran…

Il faut bien avouer qu’il y a des tournages plus glamour que d’autres. Salivons un peu.

Sur le plateau de « La Maison » – sortie prévue au printemps 2012, dernier film de François Ozon avec Fabrice Luchini, mes petits canapés participent avec délice à relancer l’activité de la belle Kristin Scott-Thomas, qui tient le rôle d’une galeriste. Si c’est pour l’amour de l’art !

Et c’est au Flore, de nuit, que j’ai approvisionné le buffet d’un mariage de cinéma, pour l’adaptation par Frédéric Beigbeider de son roman L’amour dure trois ans, avec Gaspard Proust et l’affriolante Louise Bourgoin.

C’était il y a plus de 6 mois, et c’est en ce moment, tout chaud, sur vos écrans. Daube, navet ou régal ? Comédie délicieuse ou insipide ?

A vous de goûter, il n’y a jamais qu’un clap entre le vocabulaire des critiques et des cuisines.

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Montée des marches

C’était au soir d’une longue , ou plutôt d’une trop courte journée d’automne : l’obscurité avait gagné le jour, avant même l’heure délicieuse des scones et du darjeeling. Agenda bien rempli, je filai sur mes quatre roues dans le sillage de mes contemporains. Et puis, à l’approche de l’avenue Winston Churchill, un halo d’aurore, un faisceau diffus de satin rose.

Pause !

Tapis rouge, pour glisser tout droit au royaume des rêves ! Arche magique aux allures de meringue géante, villégiature d’Alice ou de Dame Tartine. Passé le porche, pas de lapin blanc en redingote, mais un hommage au grand Scorcese pour son dernier film.

La vie du cinéma à la rencontre du cinéma de la vie…et les lunettes 3D sont inutiles.

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