Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Histoire d’or

Changer le plomb en or ? Une alchimie à laquelle personne ne croit plus. Et pourtant…

Voici une histoire courte sans grimoire ni chaudron magique.

C’est celle d’un homme qui en rencontre un autre. Pour régler une vilaine petite affaire. Dans le jargon approprié, on appelle ça un litige professionnel. Maux de tête en perspective.

La rencontre ouvre le dialogue.

Le premier parle de son métier et raconte toute l’affaire avec sincérité, parce qu’en toutes choses il a le goût du vrai. L’homme de loi écoute et quelques minutes plus tard… il passe commande à son interlocuteur, en sollicitant ses services à titre privé.

Le censeur était devenu client ! Improbable mais vrai, j’y étais…

Ne cherchez pas la pierre philosophale au diable vauvert.

Elle réside en chacun d’entre nous, du côté du cœur.

Cela s’appelle la CONFIANCE.

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Comment j’ai rencontré Sir Winston Churchill

Il a surgi un soir alors que je rentrais d’une prestation gourmande, heureux d’un succès qui débordait sur la nuit.

Je faisais durer le plaisir en empruntant l’itinéraire que j’aime, longeant Grand et Petit Palais sublimés par les lumières de la ville. Un spectacle dont je ne me suis jamais lassé, si souvent contemplé que je pourrais le réinventer les yeux fermés…

La silhouette de bronze s’est imposée avec l’intensité d’une première fois. Quatorze ans pourtant, qu’elle arpente d’un talon volontaire l’angle sud de l’avenue qui porte son nom. Mais ce soir-là, l’âme s’incarnait. Sous le carcan métallique c’était l’homme qui prenait vie.

Les héros statufiés n’auraient-ils pas droit à leur petite balade nocturne ?

Vous me croirez ou pas, j’ai marché à l’ombre du Vieux Lion. Entendu crisser l’étoffe rigide de l’uniforme. Quand soudain l’illustrissime gueule boudeuse s’est mise à parler…

Hier parlait à demain et le message était clair. Gravé pour l’éternité.

Quelques secondes plus tard, Sir Winston a regagné son noble piédestal mais dans l’air flottait encore un parfum de cigare…

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Une crème de Pâtisserie viennoise

Crème fouettée double dose sur chocolat intense ! « Schlagobers » comme disent les natifs de la capitale autrichienne, tombés tout petits dans le chaudron de la gourmandise ! Et s’il n’en restait qu’une… ce serait cette image qui raconterait sans doute le mieux ce qui se trame derrière la petite façade, modeste et un brin rétro, de cette boutiquette nichée depuis 1928 rue de L’Ecole de Médecine. Un régal de générosité.

Hors des sentiers balisés mais fréquentée depuis fort longtemps par les étudiants du quartier, la Pâtisserie viennoise ne fait pas de chiqué. N’y cherchez pas la délicatesse surannée d’une valse lente, pardon Franz Lehar, ici c’est une roborative simplicité qui mène le bal. L’absence de prétention ne nuit ni au choix ni à la qualité, visez plutôt les pièces de maîtres qui font honneur à la vitrine et à la tradition…

Vous trouverez ici tout ce que l’Autriche et l’Europe orientale nous ont légué de délices un tantinet caloriques : strudels, vatrouchka, déclinaison de tartes et gâteaux enrichis de noix, pommes, pavot, raisins, cannelle… sans oublier l’authentique Sachertorte, du nom de l’apprenti de 16 ans qui confectionna la recette en 1832 pour le prince de Metternich. On dit que les grands cafés viennois se chicanent encore aujourd’hui le secret de sa recette originale, pour une fois qu’une querelle reste de bon goût !

A chacun son caprice, j’en vois certains opter pour un grand lait chaud et une belle tranche de pain d’épices, moi ce sera tout choco avec une balade en Forêt noire… Paysage de génoise richement cacaotée, fourrée de crème chantilly, de griottes et arrosée de kirsch… Comment j’abuse ?! Mais il fait un froid à ne pas mettre un grizzly dehors ! La Forêt noire c’est, comment dire… une sorte de doudoune intérieure !

Et puis, ici, les prix sont inversement proportionnels aux portions servies (que vous pouvez aussi emporter).

Maxi-plaisir, mini-budget (6,60€ pour tout ce qui agrémente ma table, sourire compris), une formule qui réchauffe comme le lieu qui ne compte qu’une dizaine de tables, et où l’on se presse aussi le midi, pour une restauration simple et de bon aloi, aux tarifs toujours imbattables.

Et nous sommes en plein 6ème, quartier de l’Odéon… Wunderbar!

Pâtisserie Viennoise
8, Rue de l’Ecole de Médecine
75006 Paris
01 43 26 60 48
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Pleins feux sur les Caves Legrand Filles et fils !

L’endroit a beau faire partie de mes plaisirs quasi hebdomadaires, l’habitude n’a pas réussi à galvauder la sensation d’y goûter chaque fois un moment rare… Aussi, quand l’année nouvelle m’offre le plaisir de revoir une amie fort chère, connue depuis 25 ans et devenue Marseillaise d’adoption, ma proposition sonne comme une évidence :

- « Galerie Vivienne, Caves Legrand ? » et un « OUI ! » sans réserve fuse illico dans l’appareil.

Merci, Mémoire fidèle, pour ces merveilleux instants de connivence!

Galerie Vivienne, début janvier, tout en apparat rouge et or… Quel plus beau théâtre pour des retrouvailles ?

Et voici le préambule à nos causeries ! A la vitrine d’une très belle enseigne – elles le sont toutes ici, le velours d’un boudoir s’expose en clair-obscur…

Oyez, oyez, chères amies internautes : le passage Vivienne, temple du commerce, de la mode et des affaires depuis 1826, demeure entre tous un écrin au luxe et à la féminité…


Lever de rideau sur le majesteux fief des Caves Legrand ! La galerie trouve ici sa meilleure machine à remonter le temps, le bon goût serait donc l’ultime rempart aux tumultes de l’Histoire ? L’aïeule montre encore ses lettres de noblesse en extérieur, au numéro 1 de la rue de la Banque : une épicerie fine, ancienne échoppe de la Corporations des Epiciers, est établie là depuis le XVIIIème siècle, soit avant même la construction du passage. Le moment d’un aveu pour l’éternel jeune homme que je suis : c’est là, à l’âge des gourmandises adolescentes, que j’allais faire moisson de bonbons, délicieux et au meilleur rapport qualité-prix. La qualité d’une sélection « maison » qui ne s’est jamais démentie, de la boîte de sardines au bloc de foie gras…


Mais le moment des retrouvailles ne se contentera pas d’une poignée de bonbons, même s’ils sont impérissaaaables !! L’heure est venue de prendre place côté passage, ouvert sur le décor pompéien de la galerie, là où les générations successives de la famille Legrand ont su donner au fabuleux jus de la treille son éthique et sa philosophie.


Insensibles aux tendances sans lendemain, les maîtres de céans arpentent les terroirs, connaissent leurs partenaires vignerons et dénichent des pépites qui ne seront pourtant pas vendues à prix d’or… J’en veux pour preuve l’excellente bouteille de Ménetou-Salon blanc (domaine Emmanuel Pelé, 13,50€) dégustée ce soir-là et conseillée par Jean-Jacques, pilier et oracle de la boutique depuis 30 ans. Un petit bijou d’or clair, pour escorter l’assiette de fromages fermiers (Trio Lactée) et la Plancha de charcuteries fines qui font une délicieuse mise-en-bouche à la soirée.

Aux Caves Legrand, les temps changent mais la devise demeure, le meilleur au meilleur prix, y compris pour les très grands crus dont s’enorgueillit la vitrine.

Une adresse que n’aurait pas démentie l’ex-bagnard Vidocq, installé jadis au 13 de la galerie, et dont les services d’investigation faisaient l’homme le mieux renseigné de Paris…

Les Caves Legrand Filles et Fils
1, Rue de la Banque
75001 Paris
Téléphone : 01 42 60 07 12
www.caves-legrand.com
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Paris des Chefs, rencontres de bons goûts

Vite, vite, le moment est venu de se secouer l’agenda si l’on veut participer à l’événement qui agite en ce moment le monde de la gastronomie !

Evénement culinaire mais pas que : dès dimanche prochain, à la Maison de la Mutualité, des célébrités de la scène internationale enfourchent pour leur heureux public le tandem de la création croisée. Plus précisément, 24 duos de chefs étoilés et de créateurs de tous horizons (architectes, comédiens, compositeurs, graphistes…) vont croiser leurs talents pour nous offrir en direct la preuve que les frontières et le cloisonnement sont une stupidité !

Et votre serviteur de s’incliner !

Plus encore que de côtoyer quelques « bioutifoul pipeul » (encore qu’un savoureux « live » avec Carole Bouquet n’ait rien pour me déplaire…), il y a là la possibilité d’assister aux belles correspondances qui vibrent entre les champs de création… Quelle que soit la discipline, l’harmonie préside dès lors qu’il s’agit de beau et de bon.

« C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe »… ? A voire !

Amateurs de tradition, c’est peut-être le moment de renouveler vos étagères ! Le Paris des Chefs, c’est aussi l’occasion de découvrir les dernières trouvailles du monde merveilleux de la cuisine : recettes en direct, ingrédients, techniques, ustensiles… et beaux livres bien sûr, avec la présence de la Librairie gourmande (séances de dédicaces à la clé) dont j’ai déjà fait l’éloge ici.

Rencontres aux sommets et régal des sens : un programme qui chatouille votre âme gourmande ?

Il reste à faire glisser votre curseur pour vous inscrire sur le site

www.parisdeschefs.com


Le Paris des Chefs les 22, 23 et 24 janvier 2012


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