Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

2015 sous le signe des étoiles

Vous connaissez celle de Noël qui guida les Rois mages, et cette autre du Sud qui inspira Jules Verne,

Vous l’apercevez filante par les nuits d’août, et vous l’admirez sous la mer, rouge dans le plein jour,

Vous l’aimez en constellation et même en poussière, car morte ou vive elle garde tout son éclat.

Ami(e)s internautes, que 2015 vous soit un bouquet d’étoiles !

Et qu’entre toutes, vous suiviez la belle, la bonne, la propice,

La plus éblouissante,

La Vôtre…

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Harry’s New York Bar, Try the Original

Tout l’inverse d’un repaire confidentiel tant on en a déjà vanté la légende !

D’ailleurs, depuis l’année dernière, le fringant centenaire a consigné ses Mémoires dans les pages d’un beau livre-album qui mixent tout ensemble le mythe et ses recettes.

Une histoire d’hommes bien sûr, Clancy, Tod et les autres, pour faire migrer au-dessus de l’Atlantique les huisseries d’un bar new-yorkais et les remonter à l’identique, at the right time in the good place. Soit avant l’application du 18ème amendement et sa cohorte d’incorruptibles, et à l’aube du Paris des Années Folles… Well done !

Et avant la musique ! C’est peu de le dire quand on sait que Gershwin himself a posé sur le piano du sous-sol les premiers accords d’Un Américain à Paris…


Mais c’est avant tout de part et d’autre du bar que ça se passe, que dis-je un bar, une pièce d’anthologie !

La vraie star du lieu, inchangée depuis 1911, en robe d’acajou de Cuba dont la magnifique patine raconte encore l’histoire de quelques coudes illustrissimes, dont ceux de Fitzgerald et d’Hemingway.

Forcément… plus tendre est la nuit, et moins rude l’adieu aux armes après avoir siroté un Blue Lagoon ou un Bloody Mary, cocktails parmi tant d’autres dont on a inventé l’euphorisante mixture ici-même.

Nonobstant l’ambiance virile et cosy du lieu, yankee pur jus, qui prend toute sa mesure en mode nocturne, on peut aussi s’y poser de jour pour une pause lunch bien goûteuse… ici on dira « tasty ».

Si comme moi vous ne taquinez pas du single malt avant la tombée de la nuit, vous pourrez vous régaler de bonnes recettes elles aussi éprouvées par la légende. Hot dog, chief salad, chicken ribs, chili con carne…

… ou bien croquer dans le Club sandwich, excellent modèle du genre : pain toasté tiède et moelleux, garniture généreuse et mayo bien relevée, le tout bien arrimé par un cure-dent qui a chipé son olive au Martini Dry.

Beau et bon, what else ? Enjoy !

Harry’s Bar

5, Rue Daunou

75002 Paris

01 42 61 71 14

 

Et le livre

The original Harry’s bar

d’Isabelle MacEhlone
Ed. La Martinière.
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KRUG en Capitale, ou le plaisir céleste

Vous êtes-vous déjà demandé jusqu’où pouvait vous emporter une bulle de Champagne ?

Haut chers amis, très haut, j’ai testé pour vous ce moment unique où l’effervescence devient ravissement !

Tout commence par une invitation, délicieuse au demeurant, d’un ami introduit comme moi là où l’on se régale de belles et bonnes choses… Ensuite, tout n’est qu’élan, transport, mouvement ascendant…

Qui l’eût deviné, en arpentant le pavé de la rue Blanche ? Même attentif, le piéton qui chemine le regard à l’horizontal sera distrait par la façade d’un théâtre, les grilles d’une caserne de pompiers, et tiens, au 32, les échafaudages d’un vaste chantier. Voilà tout.

Et pourtant c’est là, précisément où la rue se déforme dans les grilles de protection et les éboulis, que siège le lieu de mon invitation. Là, mais bien caché dans le secret du ciel, là où se niche comme un oiseau rare le dernier événement éphémère de la grande maison Krug .

Signature synonyme de prestige et de rareté, grimpons donc !

Comment là ? Mais oui, ici, dans ce petit écrin métallique percé de larges baies, et où ne rentrera chaque jour qu’une dizaine de convives, du 28 novembre au 6 décembre… Une dizaine d’élus, il faut le dire, petit cortège de bienheureux reconnaissants dont le régal des papilles a rivalisé quelques heures durant avec celui des yeux, redécouvrant Paris, sous un angle inédit et à nul autre pareil…

Voilà ce qui arrive lorsqu’un grand champagne vous fait prendre de l’altitude ! Même notre immuable Sacré-Coeur prête son architecture au serpent d’un manège géant, à moins qu’il ne fasse hommage à Saint Georges terrassant le dragon ?

Ephémère ? Oui, l’événement « Krug en Capitale » a pris fin. Mais c’est dans l’exception que se cache le sentiment de l’éternité. Aussi vrai que Paris vu du ciel conserve ses beautés, et que le champagne en ses meilleures cuvées continuera de nous faire voyager, haut, très haut…

Krug en Capitale

www.krugencapitale.fr

et bien entendu la maison Krug

www.krug.com

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Noël, c’est l’enfance de l’or !

Mon or à moi n’est pas celui que l’on tamise dans le lit des rivières, l’obsessionnel objet de la ruée, que l’on enfermera loin des regards, dans le secret des coffres forts…

Mon or est lumière, création, partage, il sublime l’ombre par contraste et fait briller la vie sur le pavé mouillé.

Il est le feu et la fête, il est le profane et le sacré.

Il allume le désir et ravive la flamme de l’enfance, il flambe dans l’âtre et fait surgir en décembre quelques merveilleux souvenirs de Crèche, présent du Mage Melchior au soir de la Nativité…

L’or miroite et papillonne, s’amuse en maître de toutes les transparences…

Posé à l’arbre en pelotes mousseuses, il fait éloge aux étoiles autant qu’aux bulles de Champagne.

Je songe à un arbre de Jessé déployant en ses rameaux la généalogie de la lumière.

L’or est une danse où virevoltent des anges en tutu dans un ciel de duvet rose…

Les ors sont frères et s’associent sans rivalité pour capitonner la vie de rêves. Nous voici dans l’antre d’Ali Baba, à moins qu’il ne s’agisse du palais de la Belle et la Bête ?

L’or est gourmandise des yeux ! Il dresse la table comme un mirage et se flatte des promesses du cristal.

Dans le reflet de son oeil, des myriades de perles noires s’enroulent en de succulents colliers.

L’or est sortilège et inverse la roue de Fortune…Ici le sac des dames obéit au charme des serpents.

L’or est contellation, et s’il dérobe votre foulard, c’est pour en célébrer les couleurs dans un céleste Collin-maillard !

Comment, vous n’y croyez pas ? Il faut pourtant croire aux miracles pour qu’ils adviennent !

Rêvez, faites l’enfant ! Et glissez-lui donc vos voeux à l’oreille, elle en fondra de plaisir…

Patrick Roger Chocolatier
108 Bd Saint Germain
75006 Paris
01 43 29 38 42
Ainsi que 4 autres adresses à Paris,
2 en région parisienne,
Et une à Bruxelles
patrickroger.com
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Ajoutez deux lettres à Paris et c’est le Paradis – Jules Renard

Il y a comme ça des petits matins d’octobre où l’automne flirte avec l’été.

L’air est une soie tissée par les anges, et le ciel, vaste nuée teintée de rose, prépare en coulisses l’arrivée du grand soleil…

Un moment d’exception, et une invitation à tous les possibles.

Remarquez comme la nature est bien faite : quand l’âme jubile, le corps se met en marche en quête d’autres promesses…

En route !

Je n’ai rien truqué, à cette heure où dorment encore les touristes et déjà les noctambules, le pavé est désert et laisse toute sa place à l’Etoile… du matin.

Même les péniches ont l’air de poser pour la photo, arrêtées sur la Seine immobile pour la redite d’une « Impression, soleil levant ». Là où je suis flotte l’âme de Monet, Seurat et Pissaro…

… et quelque anonyme bien inspiré a choisi d’y installer son chapeau et son chevalet.

Pari sublime : arrêter la lumière, et immortaliser l’éphémère !

Dans la magie de l’instant, j’ai cru voir un oiseau noir, long cormoran, se profiler sur l’onde claire.

Au petit jour, même la Gendarmerie maritime pactise avec la poésie.

Capitaine, belle entrée en Seine !

Ballet d’ombres et de lumières. Sous le Pont de la Concorde, l’eau est une formidable machine à remonter le temps. Saviez-vous que ce bel ouvrage avait été en partie construit avec les pierres de la Bastille ?

Sous les flots, j’entends un sans-culotte qui fredonne encore sa Carmagnole…

Le chrono s’emballe. Nous voilà dans les années soixante.

Qui me croira quand je dirai que j’ai vu une Daf se faire semer en trois coups d’aviron ?

Il est temps de retoucher terre.

Mais un matin comme celui-ci, la géométrie refuse la norme et défie les lois de l’apesanteur.

Place Dauphine, les chaises du Caveau se font l’échelle et se rêvent en héliotropes, tournées vers le ciel pour mieux en capter la lumière.

Paris-Paradis n’en finit pas de se mettre en scène et de redistribuer les rôles !

Rue de Sèvres, Hermès plante si bien le décor que tous les cancres de la terre seraient tentés de courir à l’école :

Et une belle image pour l’âne qui braie !

Mon âme d’enfant a envie de lui taquiner le ventre, et de trouver la clé qui le fera s’animer.

Les couleurs de la vitrine ont roulé jusque sur le trottoir.

Au Marché Raspail, les courges font les belles et de l’oeil aux peintres : « N’est-il pas vrai que nous sommes de merveilleux modèles pour Arcimboldo ? »

Le soleil qui a suivi sa course me fait lever le nez, je serai bientôt aux jardins du Luxembourg… Dieu que cette façade m’émeut, éternelle Parisienne ! Sa majesté est celle d’un vaisseau fendant l’azur.

Pour moi, la plus belle combinaison du blanc, du rouge et du bleu.

L’émotion est un sport qui creuse. Je délaisse le bistrot trop fréquenté par les amateurs de Guignol, rien ne vaut le spectacle d’une belle carte. Et c’est ici que je le trouve, au Pavillon de la Fontaine, qui se cache vers l’accès des jardins côté Port Royal.

Il y a là d’alléchantes formules de petit-déjeuner, et pour plus tard, crêpes et gaufres, des macarons de chez Carette et une belle sélection de glaces artisanales de la maison Pédone : je lorgne illico le Chocolat Grand cru et le Café brésilien…

La matinée s’achève et je ne suis plus le seul à guetter l’instant magique. Non loin de moi, quelques touristes américains, australiens, japonais, attendent eux aussi « leur » rayon vert.

Il n’y a pas de hasard si cette fontaine nous a tous attirés là.

Chef-d’oeuvre de transparence, sublimé par les diaprures du soleil.

Sur nos images, il y aura autant de points de vue que de photographes, mais le sourire que nous avons échangé sur l’instant disait une vérité commune : la Beauté est universelle.

Pavillon de la fontaine

Jardin du Luxembourg

75006 Paris

 

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