Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

A nous le bel été !

Chers amis internautes, ce soleil qui flamboie et qu’on voudrait éternel ne vous inspire-t-il pas quelque sensualité païenne ?
Voici quelques vers à déguster sans modération, empruntés à la plume d’un célèbre « petit prince » poète…

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l’amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte !

Arthur Rimbaud, Soleil et chair (extrait)
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Pour le vin libre ? Quedubon lance l’Appel du 23 juin !

Citoyens, citoyennes ! C’est Gilles Bénard, célèbre grande gueule et réjouissant patron du lieu, qui saura ici mieux que personne ouvrir les bouteilles et les guillemets. Parce que le vin naturel, et tout ce qui sur une table de copains donne envie d’y rester et d’en reprendre, c’est son credo depuis des années. Les fidèles le suivent avec ferveur : il y a eu l’époque Ramulaud, celle des Zingots, et aujourd’hui c’est au Quedubon en lisière des Buttes Chaumont (avec son fiston Léo aux fourneaux) qu’il nourrit le corps et le coeur des accrocs.
Ce tonton flingueur, qui dégoupille ses flacons en artiste, a plus de 100 vins à l’ardoise. Par naturels, entendez vins de propriétaires, qui bichonnent leur vigne et leur terroir loin de tout additif chimique – pour faire simple, mais c’est toute une philosophie.
Un art du bien boire pour bien vivre. Une résistance au quotidien contre une standardisation qui nous ferait bien prendre des pesticides pour des vitamines. Cette lutte de bon goût valait bien un Appel !
Ce 23 juin, pour l’amour du vivant et de la grappe, dégustons !
Et faites confiance au père Bénard, aussi exigeant sur les solides que sur le liquide : la qualité des mets proposés (charcuteries, huîtres…) sera à l’avenant. N’en doutez plus : ici, c’est que du bon.
Que du Bon
22, rue du Plateau
75019 Paris
Tél: 01 42 38 18 65
le dimanche 23 juin de 10h00 à 19h00
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A La Mascotte, le goût de l’éternel Montmartrois

Si Montmartre nous était conté… c’est probablement à Michou, autre inoxydable institution du quartier, qu’il faudrait demander de faire l’éloge de La Mascotte ! Michou ici, c’est la famille de coeur, infatigable noctambule et fidèle parmi les fidèles à qui, dit-on, le propriétaire actuel de la maison servit son premier verre du haut de ses huit ans… Il faut dire que La Mascotte, c’est une histoire de famille, celle de Maurice Campion qui reprit en 1965 une enseigne au passé coquin (diable, fin XIXème, nous étions ici à ‘L’Antinéa’, tout un programme…) avant de passer les rênes à son fils Thierry, lequel un beau jour, les transmettra probablement à l’un de ses fils.
Une belle histoire, aveyronnaise pur jus, dont peuvent aussi profiter les gourmands de passage…
Sans être un familier de la Butte ni des nuits montmartroises, inutile de dire que mon radar intime sait repérer les adresses à touristes qui n’en finissent pas de vivre sur des clichés pré-digérés. Basta les tables indigentes qui vendent du Poulbot ou de l’Amélie Poulain, ici, c’est l’ambiance bistrot rétro soigneusement préservée, le bel étal de l’écailler et la qualité de la carte qui arrêtent mon pas. De l’authentique quoi.
La preuve est dans l’assiette, vous voulez voir ?
Quand il fait grand faim et que vous commandez un « Vrai faux-filet d’Aubrac », ça donne ça :
Une merveille ! Produit, cuisson, texture, couleur… le couteau glisse, les papilles frémissent. Et autant dire que l’onctueux aligot servi en accompagnement, riche à souhait, fait oublier sur-le-champ les caprices de la météo.
Oui, on pourrait dire ça, à La Mascotte il fait toujours chaud.
J’en connais même certains qui poussent toujours un peu plus haut la flamme…
Ah, si comme moi vos esprits s’embrasent au moment du dessert, laissez flamber le Grand-Marnier puis délectez-vous de son caramel brûlant, imbibant la robe délicatement ajourée d’une crêpe Suzette.
La belle est dorée, fondante, délicieusement parfumée : un péché absolument capital !
Sachez que depuis les travaux de rénovation de 2012, l’établissement se dote d’un étage fort agréable mais il paraîtrait également qu’un soleil de printemps serait bientôt voté en haut-lieu…
L’occasion toute trouvée de goûter l’esprit des lieux en terrasse, en contemplant la lumière retrouvée sur le pavé des Abbesses.
La Mascotte
52, Rue des Abesses
75018 Paris
Tél 01 46 06 28 15
Ouvert tous les jours
http://www.la-mascotte-montmartre.com
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Faites-vous la belle à L’échappée!

Il suffit parfois de pousser la porte d’une façade jaune canari pour trouver un endroit où le soleil ne fait pas de caprices ! Nappettes à carreaux, ambiance cosy, et sourires bienveillants d’un personnel très féminin (ici, le patron est une patronne), pif pof, en deux temps trois mouvements votre petit baromètre intérieur grimpe comme aux plus beaux jours de l’été. Une aubaine, surtout quand la balade gourmande se doit de régaler trois ados à l’appétit aussi affûté que l’esprit critique… Avec ma petite famille donc, le coeur régalé d’avance, j’allais explorer l’ardoise d’un bistrot pas banal, dont le cadre ménage la surprise de l’assiette.

Oui mes enfants, oui, vous avez bien sous les yeux une salade thaïe de boeuf citronnelle, et du meilleur cru s’il vous plaît, fraîche et parfumée, qui vous allume gentiment les papilles. Dans une déco ‘paname’ en diable, c’est l’Asie qui s’avance sur son assiette de porcelaine blanche. Ne reste qu’à attendre le verdict de mes chers garnements auxquels j’apprends, jour après jour, que l’ouverture du palais et de l’esprit n’est pas une fracture du crâne…
Pari réussi ! L’énorme soupe de boeuf aux nouilles ravit mes petits qui ne prennent que le temps d’un ‘super bon’ entre deux lampées. Epicée, oui, mais pas trop, car le piment de L’échappée est justement dosé pour amadouer tous les gosiers. Et pour les aventuriers de mon espèce ?
Un poulet de curry vert exactement comme il faut, adouci d’un onctueux lait de coco, mais dont les éclats parfumés rayonnent en bouche longtemps après l’avoir dégusté. Le moelleux, un rien caramélisé, du riz gluant ajoute son accord parfait à la danse des papilles.
Final fatal : ma jeune compagnie est un merveilleux alibi pour cocher sans scrupules la case dessert… Quid de ces nems en sauce épaisse ? Un régal banane-chocolat dont la légèreté dément les apparences trompeuses, mais si, c’est l’estomac délicat et prudent de mes deux fashionistas qui vous le dit ! Je souris à les voir, encore, quêter l’approbation de leur papa : comment réagirai-je dans quelques années, lorsqu’il faudra négocier une soirée à la Bellevilloise, ou à la Maroquinerie, juste à deux pas ?
Goûtons le temps présent, où tout est encore simple, bon et à petit prix (60€ pour ma petite smala et moi), et faisons l’éloge de cette jolie table dont la devise est imprimée sur la carte :  » Partager un repas ou cuisiner, c’est donner de l’amour ».
L’échappée
38, rue Boyer
75020 Paris
01 47 97 44 58
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