Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

In the mood for Gyoza Bar

Curiosité gourmande dont le tam tam parisien fait des percussions chaudes depuis janvier, le Gyoza Bar est d’abord un défi aux règles du contenu et du contenant : comment une si petite enseigne peut-elle drainer autant de monde, dont l’enthousiasme s’agglutine régulièrement sur la dalle du Passage des Panoramas ? Après plusieurs tentatives découragées par la foule, ce jour-là je m’infiltre avec succès, titillé par l’appétit et la curiosité…

Déco inédite d’un lieu dédié à la bistronomie nippone, le design épuré et ses teintes sombres est du dernier chic new-yorkais : brique anthracite, verre fumé, l’endroit joue l’obscur jusque dans le vêtement des hôtesses toutes de noir vêtues, élégante composition nocturne où s’enchâsse un long bar de bois blond : centre de scène où tout s’éclaire, lumière sur la dégustation !

Minimalisme faisant loi, Schinito Saté, le chef doublement étoilé de l’adresse voisine – Passage 53 – propose ici une recette unique, monospécialité élevée à son point sublime et travaillée comme le contre-ut du soprane.

Dire qu’il s’agit d’un ravioli japonais galvauderait le produit : parlons donc du Gyoza, petit chausson replet en forme de croissant et grillé à l’unilatéral, mariage de fort bon aloi entre moelleux et croustillant.

Trempez le délicat croissant dans la sauce consacrée, dite ponzu, pour mieux en apprécier la farce : le mélange fondant de cochon tendre et goûteux (fourni par Hugo Desnoyer, star des bouchers) de gingembre, poireau et sésame, s’enrobe de la fraîcheur acidulée du soja mêlé d’agrumes.

Savante harmonie des contrastes, le chant des papilles en témoigne !

Rare satisfaction, le concept du luxe dans la simplicité s’étend à la gamme des tarifs : 6€ pour 8 pièces, 8 pour 12, 10 pour 16, la pause nippone ne se venge pas en fin de « Gyoza party ».

Le temps ou la patience vous manquent ? Vous avez la possibilité d’emporter les Gyozas sagement emboîtés en coffrets gourmands. Mais alors vous serez privés (ou exonérés, c’est selon) de l’ambiance sonore, autre inédit du lieu : le jazz un brin déjanté du groupe japonais « Soil et Pimp sessions », définitivement branché, que l’on goûte… ou pas !

Gyoza Bar
56, Passage des Panoramas
75002 Paris
01 44 82 00 62
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Harry’s New York Bar, Try the Original

Tout l’inverse d’un repaire confidentiel tant on en a déjà vanté la légende !

D’ailleurs, depuis l’année dernière, le fringant centenaire a consigné ses Mémoires dans les pages d’un beau livre-album qui mixent tout ensemble le mythe et ses recettes.

Une histoire d’hommes bien sûr, Clancy, Tod et les autres, pour faire migrer au-dessus de l’Atlantique les huisseries d’un bar new-yorkais et les remonter à l’identique, at the right time in the good place. Soit avant l’application du 18ème amendement et sa cohorte d’incorruptibles, et à l’aube du Paris des Années Folles… Well done !

Et avant la musique ! C’est peu de le dire quand on sait que Gershwin himself a posé sur le piano du sous-sol les premiers accords d’Un Américain à Paris…


Mais c’est avant tout de part et d’autre du bar que ça se passe, que dis-je un bar, une pièce d’anthologie !

La vraie star du lieu, inchangée depuis 1911, en robe d’acajou de Cuba dont la magnifique patine raconte encore l’histoire de quelques coudes illustrissimes, dont ceux de Fitzgerald et d’Hemingway.

Forcément… plus tendre est la nuit, et moins rude l’adieu aux armes après avoir siroté un Blue Lagoon ou un Bloody Mary, cocktails parmi tant d’autres dont on a inventé l’euphorisante mixture ici-même.

Nonobstant l’ambiance virile et cosy du lieu, yankee pur jus, qui prend toute sa mesure en mode nocturne, on peut aussi s’y poser de jour pour une pause lunch bien goûteuse… ici on dira « tasty ».

Si comme moi vous ne taquinez pas du single malt avant la tombée de la nuit, vous pourrez vous régaler de bonnes recettes elles aussi éprouvées par la légende. Hot dog, chief salad, chicken ribs, chili con carne…

… ou bien croquer dans le Club sandwich, excellent modèle du genre : pain toasté tiède et moelleux, garniture généreuse et mayo bien relevée, le tout bien arrimé par un cure-dent qui a chipé son olive au Martini Dry.

Beau et bon, what else ? Enjoy !

Harry’s Bar

5, Rue Daunou

75002 Paris

01 42 61 71 14

 

Et le livre

The original Harry’s bar

d’Isabelle MacEhlone
Ed. La Martinière.
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KRUG en Capitale, ou le plaisir céleste

Vous êtes-vous déjà demandé jusqu’où pouvait vous emporter une bulle de Champagne ?

Haut chers amis, très haut, j’ai testé pour vous ce moment unique où l’effervescence devient ravissement !

Tout commence par une invitation, délicieuse au demeurant, d’un ami introduit comme moi là où l’on se régale de belles et bonnes choses… Ensuite, tout n’est qu’élan, transport, mouvement ascendant…

Qui l’eût deviné, en arpentant le pavé de la rue Blanche ? Même attentif, le piéton qui chemine le regard à l’horizontal sera distrait par la façade d’un théâtre, les grilles d’une caserne de pompiers, et tiens, au 32, les échafaudages d’un vaste chantier. Voilà tout.

Et pourtant c’est là, précisément où la rue se déforme dans les grilles de protection et les éboulis, que siège le lieu de mon invitation. Là, mais bien caché dans le secret du ciel, là où se niche comme un oiseau rare le dernier événement éphémère de la grande maison Krug .

Signature synonyme de prestige et de rareté, grimpons donc !

Comment là ? Mais oui, ici, dans ce petit écrin métallique percé de larges baies, et où ne rentrera chaque jour qu’une dizaine de convives, du 28 novembre au 6 décembre… Une dizaine d’élus, il faut le dire, petit cortège de bienheureux reconnaissants dont le régal des papilles a rivalisé quelques heures durant avec celui des yeux, redécouvrant Paris, sous un angle inédit et à nul autre pareil…

Voilà ce qui arrive lorsqu’un grand champagne vous fait prendre de l’altitude ! Même notre immuable Sacré-Coeur prête son architecture au serpent d’un manège géant, à moins qu’il ne fasse hommage à Saint Georges terrassant le dragon ?

Ephémère ? Oui, l’événement « Krug en Capitale » a pris fin. Mais c’est dans l’exception que se cache le sentiment de l’éternité. Aussi vrai que Paris vu du ciel conserve ses beautés, et que le champagne en ses meilleures cuvées continuera de nous faire voyager, haut, très haut…

Krug en Capitale

www.krugencapitale.fr

et bien entendu la maison Krug

www.krug.com

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Noël, c’est l’enfance de l’or !

Mon or à moi n’est pas celui que l’on tamise dans le lit des rivières, l’obsessionnel objet de la ruée, que l’on enfermera loin des regards, dans le secret des coffres forts…

Mon or est lumière, création, partage, il sublime l’ombre par contraste et fait briller la vie sur le pavé mouillé.

Il est le feu et la fête, il est le profane et le sacré.

Il allume le désir et ravive la flamme de l’enfance, il flambe dans l’âtre et fait surgir en décembre quelques merveilleux souvenirs de Crèche, présent du Mage Melchior au soir de la Nativité…

L’or miroite et papillonne, s’amuse en maître de toutes les transparences…

Posé à l’arbre en pelotes mousseuses, il fait éloge aux étoiles autant qu’aux bulles de Champagne.

Je songe à un arbre de Jessé déployant en ses rameaux la généalogie de la lumière.

L’or est une danse où virevoltent des anges en tutu dans un ciel de duvet rose…

Les ors sont frères et s’associent sans rivalité pour capitonner la vie de rêves. Nous voici dans l’antre d’Ali Baba, à moins qu’il ne s’agisse du palais de la Belle et la Bête ?

L’or est gourmandise des yeux ! Il dresse la table comme un mirage et se flatte des promesses du cristal.

Dans le reflet de son oeil, des myriades de perles noires s’enroulent en de succulents colliers.

L’or est sortilège et inverse la roue de Fortune…Ici le sac des dames obéit au charme des serpents.

L’or est contellation, et s’il dérobe votre foulard, c’est pour en célébrer les couleurs dans un céleste Collin-maillard !

Comment, vous n’y croyez pas ? Il faut pourtant croire aux miracles pour qu’ils adviennent !

Rêvez, faites l’enfant ! Et glissez-lui donc vos voeux à l’oreille, elle en fondra de plaisir…

Patrick Roger Chocolatier
108 Bd Saint Germain
75006 Paris
01 43 29 38 42
Ainsi que 4 autres adresses à Paris,
2 en région parisienne,
Et une à Bruxelles
patrickroger.com
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Le saviez vous?

A deux pas du tumulte mercantile des Champs-Elysées, le 8ème arrondissement offre aussi au promeneur sans CB la possibilité d’une inestimable oasis…

Une déambulation gratuite vous ouvre ses portes au Petit Palais, côté collection permanente (porte de gauche) parmi les trésors de Dürer, Rembrandt, Rubens, Fragonard, Courbet…n’en jetons plus, et dans l’architecture inondée de lumière naturelle conçue jadis pas Charles Girault. Beau et bon à discrétion!

Et pour prolonger le moment de grâce, totalement protégé de la rumeur automobile, un café vous attend en terrasse-lounge. Mosaïque, fresques et colonnes impériales…le temps et la fureur du monde se sont arrêtés.

Un régal qui ne se mesure pas en euros.


Le Petit Palais
Musée des Beaux arts de la ville de Paris
Ave Winston Churchill
75008 Paris
01 53 43 40 00
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