Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

A Mi-chemin, le goût s’invente à la croisée des Suds

Une jolie devanture à toile rouge dans une petite artère paisible, à deux pas de l’animation bon enfant de la rue Daguerre. L’intérieur, tout en longueur se déroulant vers un joli patio verdoyant, est dominé par des nuances d’ocre et terre de sienne, des lumières indirectes et des étagères tapissées de livres complètent un confort immédiat, la sensation d’être là comme chez soi. Ou plutôt accueillis chez eux, aux bons soins de Virginie et Nordine Ladbiah, lequel s’active avec passion entre la salle et les fourneaux. Les rondeurs généreuses de cet enfant de Zarzis, ville côtière du sud tunisien, sa faconde et son hospitalité méditerranéennes, annoncent tout de go le soleil subtilement épicé qui imprègne sa cuisine…

Attention, ici ce n’est pas le couscous qui tient le haut de l’affiche – même s’il évoque avec transport le divin couscous au poulpe, souvenir de la Goulette – , mais des plats qui mêlent les saveurs de l’enfance tunisienne aux classiques de la bistronomie française. Pour preuve à l’ardoise, la pastilla de canard à l’orange, le rognon de veau à la badiane et vinaigre de Xérès, le bourguignon assorti d’une belle graine de couscous… Les terroirs sont à la fête, à mi-chemin, d’une rive à l’autre de la Méditerranée. J’attaque avec une marmite de coques, en émulsion de crème délicieusement citronnée, qui célèbre avec goût la mixité de ce beau mariage.

Nordine et Hugo (entendez Desnoyer) sont compères de longue date, bien avant la starisation parisienne de l’artiste boucher. La passion du beau et du bon acoquine sans délai les hommes qui la partagent. Alors va pour le tartare qui exige une viande irréprochable, que le chef a travaillé avec amour en l’associant au piment d’espelette, l’or de notre pays basque. La qualité des saveurs m’inspire déjà une prochaine fois en ce mi-chemin, pour y goûter à d’autres merveilles épicées de bsar, mélange de cannelle, de carvi, de fenouil… hérité de la cuisine maternelle, ou de poudre de corète, une plante qui pousse au pied des palmiers et fait la sauce de ce plat de fête qu’on appelle la « Mloukhiya ».

L’allégresse prolongée par la carte des desserts nous prive d’images, mais je confie au talent de votre imaginaire la panacotta à la fleur d’oranger et pistaches, ou le riz au lait à la cardamome assorti de sa glace à la rose… Notez encore que la cave de l’endroit comporte une belle sélection de flacons qui parachève le savoureux voyage. Et puis disons-le, le beau mariage des goûts et des mets comporte forcément son pendant côté coeur : en mai 2000,Virginie embauche Nordine comme simple commis avant de lui offrir ses cuisines… et sa main. Vous en doutiez encore ? A Mi-chemin c’est ce gourmand de Cupidon qui orchestre la noce !

A mi chemin
31, Rue Boulard
75014 Paris
Tél : 01 45 39 56 45
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Chabadabada…

Des semaines que la météo nous pousse à l’eau, alors avant de quitter provisoirement l’amarre de ce blogue bien aimé, laissez-moi vous faire l’inventaire de mon bord de mer…
C’était hier, c’est aujourd’hui. Un cornet de glace vanille-fraise, le sable des châteaux pas rigolo dans le maillot, le parfum du poisson grillé, tiens, vite, une voiture à nez rouge diffuse l’annonce d’un cirque qui plantera son chapiteau ce soir… Vous avez dit Fellini ? Je vous réponds Jacques Tati, et son poète de Monsieur Hulot.
Microsillons de la mémoire, cette plage-là est celle d’un vieux vinyle qui grésille du Clo-Clo avant de grandir avec nous, et de jouer la partition de l’amour sur la plage de Deauville.
Toiles étoiles, c’était vous, c’était moi.
Hep, voici revenu le temps des vacances, je vous confie l’album ; entre vous et moi, il n’a pas fini de se remplir…
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Vous connaissez la musique ?…

Comme le dit si bien l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est pourquoi je m’en vais d’abord m’auto-congratuler sans complexe pour avoir participé à la grande soirée musicale du Trianon, il y a tout juste quinze jours.

Mais oui, c’était mon chapeau sur ce pouf rouge théâtre,


 

Et comme toujours je jouais avec passion les amphytrions en faisant aménager mes tables de cocktail dans un lieu dédié au spectacle depuis sa création,


 

Et pourquoi cet air de fierté, ce petit couplet d’autosatisfaction ?

Et bien je vais vous le dire, faute de pouvoir vous le chanter : il s’agissait de la cérémonie France Musique Sacem pour le prix de la meilleure Musique de film, et ô bonheur, ô gratitude, j’étais choisi pour faire le lien gourmand entre tout ce que j’aime…

J’ai donc reçu mon trophée préféré, celui de la Confiance !

Et comme tous les lauréats, ma reconnaissance ne se privera pas de son refrain bien connu…


 

Merci ! à tous ceux qui ont su garder au Trianon son âme d’antan, de la salle de bal aux escaliers dérobés qui se souviennent encore du cancan de la Goulue et des textes du Grand Jacques, écrits à l’abri du froid, dans une des loges aujourd’hui disparues…


 

Merci ! au somptueux Orchestre Philarmonique de Radio France, dirigé ce soir-là par le chef Wilson Hermanto, et qui a fait pousser dans la coulisse ces massives silhouettes de bois, écrins dignes et patients, tandis que leurs occupants s’accordaient sous le feu des projecteurs…


 

Merci ! aux compositeurs inspirés sachant donner aux pépites du 7ème art leur rythme, leur relief et leur contrepoint !

Ce 12 novembre la victoire revenait à Pawel Mykyetin pour la partition du film Essentiel Killing, et Bruno Coulais, lauréat 2011, faisait entendre sa partition commandée par Radio France.

Bien d’autres stars du métier étaient à la fête, y compris ceux qui reposent aujourd’hui au paradis des artistes, l’homme s’est éclipsé mais sa mélodie est éternelle ! Quelques notes de Kosma ou Delerue suffisent pour voir surgir Garance sur le Boulevard du crime, ou BB, sublime Camille du Mépris

Que serait Hitch, et en particulier son chef-d’oeuvre Vertigo, sans Bernard Hermann ? Et la Panthère rose sans la célébrissime partition de Henry Mancini ? Papam, papam…, désolé Mr Blake Edwards, avec le temps la musique a volé la vedette à vos images ! Allons bon, voilà mon coeur de cinéphile qui s’emballe !


 

Champagne, chers amis internautes, pensez culture, pensez cinéma, l’art qui se fête est un éternel antidote aux petits poisons du quotidien… Et viva la Musica !


France Musique

France Musique Prix de la Musique de film

Sacem

Sacem Prix de la Musique de film

Le tout dans la salle du Trianon

Trianon

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Monumenta au Grand Palais : Excentrique(s) c’est cosmique !

Le Grand Palais, c’est un peu mon Amérique à moi comme chantait l’ami Brel, lieu sans cesse renouvelé de plaisirs et de rêves, souveraine architecture qui se prête sans souci d’étiquette à tous les élans de la création !

Peinture, mode, musique… J’ai encore à la tête et au coeur le souvenir du dernier concert de Prince sous la nef, cathédrale de verre vibrant sous les accords du dieu de la musique et éternel performer…

Forcément, j’étais l’un des premiers à l’ouverture de la dernière édition de Monumenta qui cette fois a donné carte blanche à Daniel Buren. Carte blanche, mais tout atout à la couleur !

L’artiste a fait pousser là une forêt d’immenses pastilles dont le prisme bleu, jaune, orange et vert joue autant avec nos émotions qu’avec la lumière. Atttention, c’est le moment de se dépouiller de nos conditionnements et de nos perceptions d’animal terrestre, ça va décoller !

Effet garanti lorsqu’à l’issue d’un long corridor faiblement éclairé, vous surgissez soudain en pleine lumière.

Panorama sidérant et sidéral où se redessinent l’espace et les volumes, vision sans limite qui dissout les frontières entre ciel et terre.

La météo changeante est un imprévisible maître du jeu. Elle éteint ou sature à loisir l’atmosphère, construit et déconstruit les formes et les motifs. Quelle heure peut-il être ? Le sol s’illumine à mes pieds d’un fabuleux cadran solaire…

La perte des repères vous offre ici les joies de l’illusion et la possibilité de voir le monde comme il vous plaît… Chemin faisant, j’ai rencontré un fabuleux insecte de lumière. N’entendez-vous pas bourdonner ses élytres géants ?

Basta du terre à terre, profitez du moment pour flotter sur le velours vert d’un nénuphar interstellaire !

L’artiste travaille depuis toujours sur le pouvoir qu’exerce l’oeuvre d’art sur son environnement.

Pari gagné : ce jour-là j’ai vu de mes yeux que la terre était bleue comme une orange.

Alors chers amis internautes, prêts pour le grand bain ? Tentez l’expérience sensuelle et poétique, ensuite vous ne verrez plus le monde de la même manière…

L’exposition a la beauté de l’éphémère et fermera ses portes le 21 juin avec un concert.
Monumenta au Grand Palais
Bd Winston Churchill
75008 Paris
www.monumenta.com
Nocturne certains soirs

 

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