Rencontres Gourmandes
Par Christophe Kaprélian

Mais qu’est-ce qui fait marcher « La petite Sirène » ?…

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Mon vieux copain Laurent m’avait dit, j’y vais deux fois l’an et on m’accueille comme si j’avais table réservée, suis-moi tu vas aimer !! J’ai suivi les yeux fermés et une fois de plus, la confiance a payé.
Peter Thulstrup le patron, mine de lutin jovial sur long tablier blanc, est un champion toutes catégories de la convivialité. Une main dans la vôtre quand l’autre vous empoigne chaleureusement l’avant-bras, vous êtes l’ami de longue date, l’élu, l’important, c’est vous, oui c’est vous, qu’on espérait ce jour-là. Le sourire est authentique, ça fait un bien fou. Et tout est à l’aune de ce sourire-là, dans cette belle ambassade de la cuisine danoise à Paris. Nappes immaculées, affiches anciennes des Jardins de Tivoli, solides bougeoirs dont la flamme vous allume la pupille, c’est confortable, chic et sans chichis.
Dans l’assiette, c’est le même esprit, pas une once de camouflage : les produits sont les meilleurs, on en connaît le producteur voire le pêcheur, une familiarité qui ne cède en rien à l’exigence. Entre harengs aigre-doux et crevettes presque frétillantes sous leur brin d’aneth, une des célébrités de la maison : le saumon fumé par l’artiste-artisan Pierre Letz de Copenhague. Fondant et parfumé, gras discret, il s’avance avec sa botte secrète, addictive sur l’instant : une triple crème additionnée de jus de citron et d’un soupçon de sucre, sirène ou pas, votre serviteur est ensorcelé !
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Cette limande-là, ferme et bien iodée, cuisson idéale à l’arête, vous est amenée comme une jeune cousine scandinave, généreuse et sans secret de pedigree. Mais oui, Peter la connaît bien, pour lui la traçabilité c’est une affaire de famille, pour un peu il vous parlerait du papa et de la maman du poisson (son signe astro, sans blague, on serait tenté de se demander quel philtre a pris notre hôte pour arpenter sur ses deux jambes la terre des hommes…). Le dos de la demoiselle est gentiment pommadé de beurre noisette à l’aneth, rehaussé de belles airelles toniques et acidulées, c’est un délice. Autant que l’excellent muscat, minéral et fruité, et rigoureusement sélectionné, qui ajoute sa touche de fraîcheur subtile à la dégustation du plat.
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C’est jeudi midi et la belle adresse affiche complet. La clientèle, de quadras et plus, est simple et élégante. On y reconnaît aussi quelques beautiful people, discrètement attablés au fond de la salle. Notre déjeuner va toucher à sa fin, le temps d’apprécier encore la savoureuse simplicité des desserts, comme cette tarte aux pommes légère et parfumée, avec son onctueuse glace au lait d’amande… Même le café est un régal, à l’amertume délicate et bien dosée. Dosage qui trouve son écho côté chiffres, avec un beau rapport qualité/prix à 35€ pour la formule du midi.
Quelle merveilleuse table que cette « Petite Sirène » ! Merci Peter, pour tant de coeur et de métier. Un mot me vient, que j’ose à peine, tant on l’exploite et le galvaude… et pourtant c’est bien ça, je n’en vois pas d’autre : PARFAIT.
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La Sirène de Copehnague
47, Rue Notre Dame de Lorette
75009 Paris
Tél: 01 45 26 66 66
www.lapetitesireneparis.com
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« On va déguster », ça se dévore !

Un chef-d’oeuvre !
Forcément conçu avec amour et jubilation, il suffit de l’avoir entre les mains pour sentir le plaisir qui diffuse !
Pas une extase cérébrale qui se prend le bocal, fichtre non, un plaisir d’enfant, un accès de revenez-y, une compulsion gourmande et frénétique comme seuls en déclenchent le sac de bonbecs ou la crème de marrons.
C’est fin, drôle, coloré, hyper renseigné, pétri d’anecdotes, de recettes, de références… le top de la culture culinaire servi par l’esprit et l’expérience d’une bande de 156 copains qui ont mis au pot leur goût du meilleur.
A consommer partout et à toute heure, quels que soient l’appétit ou l’humeur, sauf peut-être au lit, le seul endroit où cet inventaire génial de 335 pages pourrait vous peser sur l’estomac !
Et on le trouve à la Librairie Gourmande
90, rue Montmartre
75002 Paris
Tél : 01 43 54 37 27
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À Table, le goût du bon et du vivant !

 

Passer à « Table », dès qu’on en a poussé la porte, c’est comprendre instantanément pourquoi Bruno Verjus a créé l’événement.

Une harmonie superbe de rouges et de bruns, des contours nets taillés dans la brique et l’ardoise traversés par l’éclat soyeux et bleuté d’un long serpent d’étain satiné, ondulant entre comptoir, alcôves et tables hautes. Matériaux de choix, dont l’artisanat et l’assemblage révèlent l’excellence. Tout est là. Principe essentiel qui dit tout de l’esprit du lieu, des murs à l’assiette. Bruno, cuisinier autodidacte et chroniqueur gastronomique sur lequel on a déjà tant écrit, n’a qu’une passion en tête et à la bouche : le produit vi-vant. Le choisir, le goûter, le travailler, vi-vant. Respecter absolument sa saisonnalité. Et se le procurer en circuit direct, auprès des meilleurs artisans. L’amour tolère-t-il des intermédiaires ? C’est aussi vrai de la pêche en provenance de l’île d’Yeu, de la volaille des Ruchottes près de Beaune que de la farine de blé ancien dont on fait ici l’excellentissime pain quotidien.

 

Vouer un culte au produit brut, c’est « le tailler, le facetter comme un diamant » nous dit l’homme, entre deux généreuses poignées de mains, « sans le booster », juste ce qu’il faut pour en révéler l’essence, le plein éclat. Une célébration qui ne défigure pas. Voir l’assiette sublime de couteaux qui donne le mantra à vérifier aux papilles. Le coquillage est d’une magnifique fraîcheur, d’une saveur à tomber, juste rehaussé d’un brin de tendresse, nombrils de Vénus et fleurs d’achillée millefeuille…

 

Aux meilleurs ouvriers les meilleurs outils bien sûr. Ainsi la cochonnaille d’exception passe-t-elle ici à la trancheuse Berkel et la volaille, hier chouchoutée en son poulailler, à la cuisson délicate de la Flamberge – fleuron de la maison la Cornue. Pas d’assauts de flammes, mais une chaleur respectueuse obtenue par radiation de la fonte. La peau frissonne sans craquer, l’arôme monte en puissance… La poulette fondante, qui nous est servie bordée de sa purée de carottes et orange safranée, a manifestement apprécié cette valse lente… c’est toute sa gratitude qu’elle exprime dans l’assiette, et on s’en lèche les doigts !

 

Rendre les gens heureux et cultiver le goût du bon sans verser dans le tout-à-l’ego… Comment dire mieux que cette rencontre a eu la saveur de l’évidence pour votre serviteur ? Comme ce dessert où s’assemblent à merveille l’intensité du chocolat, l’acidité onctueuse de l’oseille pour finir sur le craquant audacieux d’un grain de sel ! L’excellence a un prix me direz-vous, certes, mais la maison ouvre sa grille de prix avec un somptueux menu-déjeuner à 25€… alors vite, à Taaable !!!

Table
3, Rue de Prague
75012 Paris
Téléphone : 01 43 43 12 26
Réservation conseillée
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Quand Lartigue voit La vie en couleurs…

… c’est notre coeur qui fait Boum ! en goûtant à plein les couleurs de la vie !
Enchifrenés par un ciel grise mine et un baromètre en berne ? Il suffit d’un détour par la MEP pour remettre tous les compteurs à l’heure d’été, tant les clichés de celui qu’on appelait à juste titre « l’instinctif » font oeuvre de cadeaux pour les sens et l’esprit.
Une célébration de la beauté en toutes choses, saisie à l’instant magique où la lumière s’éprend du motif et le fait rutiler de tout son éclat. Joie. Apprentissage d’un regard dessillé face à tout ce que « la vie nous offre en passant » disait le photographe. Les coquelicots, comme revêtus de neuf, ont particulièrement touché votre serviteur. Coquelicots qui disent dans leur langage de fleurs « Aimons-nous au plus tôt ! »… Quoi d’autre, chers amis internautes, que ce message plein d’élan et de précieuse ardeur pour vous souhaiter un merveilleux été ?

Maison Européenne de la Photo
5, Rue Fourcy
75004 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11H00 à 20H00

 

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Aux Délices du Liban, table d’abondance…

En vadrouille à l’heure du déjeuner avec mon grand, auquel pas plus qu’à moi il ne faut faire de vaines promesses quand l’appétit creuse ! Las, nous déambulons entre le Panthéon et l’agitation touristique de la « Mouffe », où la bonne adresse se fait plus rare que la perle au fond de l’océan… Le moment de convoquer notre flair gourmand, boussole familiale et infaillible, laquelle nous guide de concert vers cette enseigne discrète et d’emblée réconfortante : pas d’écran pollueur, des nappes et serviettes en tissu, une jauge qui n’excède pas 30 couverts où l’on sent immédiatement le repaire d’habitués ; l’accueil de la patronne valide derechef notre intuition : on appelle ça la preuve par le sourire.

Nous auscultons encore la carte que tout de suite, c’est l’Orient qui s’offre dans son meilleur : vous savez, ce petit brin de menthe qui parfume et rafraîchit la carafe d’eau claire, servie avant que vous ne l’ayez demandée… dans l’infime du détail réside tout l’art de l’hospitalité. La suite confirme cette belle entrée en matière.

La table se couvre en quelques instants des mets choisis, principe des mezze où la convivialité et le sens du partage abolissent toute hiérarchie. Le kebbe boulettes coudoie le shawarma qui voisine avec la salade fattouche dans son aumônière de pain pita, tout fait régal, rivalise de saveurs et de fraîcheur. La patronne est diserte, drôle, enveloppante, elle apprécie notre coup de fourchette et nous goûtons ses anecdotes : un jour sur deux, elle reçoit en alternance le Père qui officie à l’église arménienne et celui de l’église libanaise maronite, toutes deux à proximité… à sa table où se croisent les églises d’Orient, le mezze s’incarne, elle-même parle un peu toutes les langues. Un clin d’oeil qui me touche, l’adresse a ouvert ses portes en 1968, il a donc le même âge que votre serviteur !

L’heure tourne et mon fiston me fait signe qu’il va falloir quitter cette délicieuse compagnie, faisant l’impasse sur la glace à la résine de cèdre et l’appétissant flan à la fleur d’oranger… Mais comment, s’exclame notre hôtesse avec l’accent faussement sévère d’une maman, vous n’allez pas partir comme ça !!

Enfants choyés et dociles, nous remercions pour cette belle assiette de fruits qu’elle nous offre d’autorité, dans un geste qui s’ouvre comme une corne d’abondance… Et me revient en tête cette phrase de l’immense poète libanais Khalil Gibran, « C’est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve sa matinée et se ravive ».

Aux délices du Liban
3, Rue Estrapade
75005 Paris
Téléphone : 01 44 07 29 99
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